Le candidat du pouvoir à la présidentielle, Jude Célestin, a finalement été écarté du 2e tour après deux mois de crise

HaïtiLe Conseil électoral privoisoire (CEP) a décidé jeudi d'inverser des résultats provisoires entachés de fraudes.Le 2e tour opposera le 20 mars une ancienne "première dame", Mirlande Manigat, au chanteur populaire Michel Martelly, a annoncé le CEP. M. Célestin est rétrogradé à la troisième place.

Un jeune homme passe près des affiches des candidats à la présidentielle le 3 février 2011 à Port-au-Prince
Un jeune homme passe près des affiches des candidats à la présidentielle le 3 février 2011 à Port-au-Prince (AFP - HECTOR RETMAL)

HaïtiLe Conseil électoral privoisoire (CEP) a décidé jeudi d'inverser des résultats provisoires entachés de fraudes.

Le 2e tour opposera le 20 mars une ancienne "première dame", Mirlande Manigat, au chanteur populaire Michel Martelly, a annoncé le CEP. M. Célestin est rétrogradé à la troisième place.

Le parti au pouvoir, Inité, "accepte les résultats", a déclaré le sénateur Joseph Lambert, coordonnateur national du parti, alors qu'on redoutait des violences de la part du candidat malheureux.

Les partisans de Michel Martelly, que les résultats provisoires du premier tour avaient d'abord donné troisième, l'écartant d'un second tour, ont crié leur joie aux abords du siège du CEP après l'annonce des résultats définitifs.

Les Etats-Unis, qui avaient plaidé pour un tel scénario, se sont réjouis des résultats, leur ambassadeur à Port-au-Prince évoquant "une bonne journée" pour le pays.

Des casques bleus de l'ONU et la police nationale étaient déployés jeudi dans plusieurs points stratégiques de la capitale. La situation semblait calme.

Le CEP a finalement suivi les recommandations de l'Organisation des Etats américains (OEA) et écarté du scrutin M. Célestin, le candidat soutenu par le président sortant René Préval, dont le mandat arrive à échéance le 7 février. Le chef de l'Etat a annoncé qu'il resterait au-delà de cette date pour permettre au processus électoral d'aboutir.

La lourde tâche de reconstruire le pays le plus pauvre des Amériques après le séisme reviendra donc désormais soit à Michel Martelly, 49 ans, alias "Sweet Micky", soit à Mirlande Manigat, 70 ans, une intellectuelle diplômée de la Sorbonne. Cette dernière rêve de devenir la première femme présidente du pays, promettant de rompre avec la corruption et de réformer le système éducatif. Mariée au président Leslie Manigat, qui a dirigé le pays quelques mois en 1988 avant d'être renversé par un coup d'Etat, elle n'a cependant pas une grande expérience politique.

De son côté, M. Martelly assure qu'il veut "changer la face d'Haïti ". "Les gens me voient comme la lumière au fond du tunnel", explique-t-il.