Le camp loyaliste a exhorté les civils à aider les forces du président sortant Laurent Gbagbo à neutraliser les rebelles

Cette déclaration renforce la crainte d'une guerre civile, alors qu'à Abidjan des combats font rage. M.Gbagbo s'est dit prêt vendredi à dialoguer avec son rival M.Ouattara et a appelé les combattants du camp adverse à "déposer les armes".Des milliers d'habitants ont pris d'assaut samedi les gares routières d'Abidjan pour fuir les violences.

Les heurts entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara à Abidjan tournent à la guerre civile. Quartier d\'Adjame, le 18 mars 2011.
Les heurts entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara à Abidjan tournent à la guerre civile. Quartier d'Adjame, le 18 mars 2011. (AFP/ISSOUF SANOGO)

Cette déclaration renforce la crainte d'une guerre civile, alors qu'à Abidjan des combats font rage. M.Gbagbo s'est dit prêt vendredi à dialoguer avec son rival M.Ouattara et a appelé les combattants du camp adverse à "déposer les armes".

Des milliers d'habitants ont pris d'assaut samedi les gares routières d'Abidjan pour fuir les violences.

Hillary Clinton a condamné les attaques contre "des civils désarmés" et exigé "la fin immédiate des ces brutalités". La secrétaire d'Etat US a pris très clairement position en faveur d'Alassane Ouattara, le président élu le 28 novembre et reconnu par la communauté internationale, à qui Laurent Gbagbo refuse de céder la place.

En France, on a déclaré de source diplomatique que Paris souhaitait voir le Conseil de sécurité de l'ONU adopter un nouveau train de sanctions contre Gbagbo.

L'ONU a accusé les forces du camp Gbagbo d'avoir tué jeudi 25 à 30 civils dans le quartier d'Abobo, fief électoral de M.Ouattara et base des insurgés dans le nord d'Abidjan. L'ONU a évoqué un possible "crime contre l'humanité", tandis que la France a dénoncé un "massacre délibéré de civils".

Laurent Gbagbo, qui doit s'adresser "bientôt" à la Nation, a appelé vendredi "les rebelles" - les combattants du camp Ouattara - à "déposer les armes, à cesser les violences". L'ex-rébellion des Forces nouvelles, alliée à Alassane Ouattara et qui tient le nord du pays depuis 2002, lui a opposé une fin de non-recevoir.

Depuis mi-février, les affrontements se multiplient à Abidjan entre insurgés pro-Ouattara et Forces de défense et de sécurité, fidèles à Laurent Gbagbo, menaçant le régime en place jusqu'aux abords du Plateau, le quartier du palais présidentiel.

Gbagbo ne lâche rien
Réagissant pour la première fois officiellement au sommet de l'Union africaine (UA) du 10 mars à Addis Abeba, qui avait confirmé l'élection de M.Ouattara comme président ivoirien lors du scrutin de novembre 2010, M.Gbagbo a dit "prendre acte des cadres de discussion proposés" par l'UA. L'UA, dont la position avait été catégoriquement rejetée par le camp Gbagbo, avait décidé de réunir d'ici au 24 mars des négociations entre les parties ivoiriennes pour appliquer ses propositions, notamment un gouvernement d'union nationale incluant des partisans de M.Gbagbo.

Les 23 et 24 mars la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) tiendra un sommet sur la crise, a annoncé l'organisation.

Laurent Gbagbo a marqué un point à l'extérieur: la cour de justice de la Cédéao a ordonné vendredi aux 15 Etats membres de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire en attendant un jugement sur le fond. La décision n'a cependant pas d'implication immédiate, la Cédéao semblant avoir écarté un éventuel usage de la force pour déloger M.Gbagbo.

Ce dernier a accusé le président nigérian Goodluck Jonathan, l'un des tenants de la ligne dure face à M.Gbagbo, d'apporter une "assistance militaire" au camp Ouattara en "convoyant près de 500 mercenaires sur Bouaké", fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles.