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Le 25 décembre, les otages français au Mali étaient retenus depuis cent jours par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi)

Leurs familles ont transmis un texte à Ouest-France qui l'a publié vendredi sur son site internet, pour qu'on "n'oublie pas" leurs proches."Demain, jour de Noël, cela fait 100 jours que cinq Français, un Malgache et un Togolais, sont retenus en otages au Mali par un groupe de terroristes d'Aqmi", explique le communiqué transmis jeudi au quotidien.
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Les otages d'Aqmi au Mali, cinq Français, un Togolais et un Malgache (septembre 2010) (AFP / Al-Andalus)

Leurs familles ont transmis un texte à Ouest-France qui l'a publié vendredi sur son site internet, pour qu'on "n'oublie pas" leurs proches.

"Demain, jour de Noël, cela fait 100 jours que cinq Français, un Malgache et un Togolais, sont retenus en otages au Mali par un groupe de terroristes d'Aqmi", explique le communiqué transmis jeudi au quotidien.

"Pour l'instant, cent jours après leur enlèvement, il n'existe toujours aucune demande crédible et recevable par la France pour engager des négociations en vue de la libération des otages", ajoutent les familles. Elles rappellent que "dans ses revendications, mi-novembre, le groupe terroriste Aqmi" a demandé l'abrogation de la loi sur le port du voile intégral dans l'espace public français, le retrait des soldats français d'Afghanistan, et que chaque négociation soit "effectuée avec Ben Laden et à ses conditions".

Le texte présente ensuite chacun des otages: "Il y a Daniel Larribe, 59 ans, ingénieur expert en techniques minières pour Areva, et son épouse, Françoise, 62 ans ; ils habitent Mialet, près d'Alès dans le Gard et ont deux filles de 30 et 26 ans. Daniel et Françoise Larribe s'occupaient également d'une ONG à Arlit pour aider les paysans locaux et les maraîchers. Il y a aussi Thierry Dol, ingénieur de 29 ans pour un sous-traitant d'Areva, marié, originaire de la Martinique ; Pierre Legrand, 25 ans, originaire de Couffé en Loire-Atlantique, qui est fiancé et travaille pour une filiale de Vinci, et Marc Ferret, 43 ans, Français habitant Madagascar, salarié du groupe Vinci au Niger; Jean-Claude Rakotoarilalao, 60 ans et Alex Kodjo Ahonado, ingénieur zootechnicien et père de 6 enfants".

Les familles rompent le silence
"Depuis le début, une discrétion absolue est gardée de la part des autorités et des familles, afin de sauvegarder toutes les chances de libération de nos otages. Noël, avec sa symbolique, et au-delà de toutes les croyances religieuses, est une occasion de rappeler que pour ces 100 jours, on ne les oublie pas", déclarent les familles dans Ouest-France.

Le grand-père et la mère de Pierre Legrand, René Robert et Pascale Robert s'expliquent dans Le Monde daté de samedi sur cette rupture du silence: "Si le rappel des noms des deux journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan (Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier) ne fait pas forcément avancer les choses, le silence observé dans les premiers mois après leur rapt n'avait rien fait avancer non plus. L'argument en faveur du silence tombe à plat", estime René Robert.

Des proches regrettent qu'on ne parle pas d'eux
Les parents de Thierry Dol déplore, dans un entretien à l'AFP, qu'on ne parle pas des otages au Mali. "On parle beaucoup des deux otages en Afghanistan, mais on ne parle pas des otages au Mali ", ont déclaré Marie-Jo et Alexandre Dol à un correspondant de l'AFP en Martinique.

"Depuis que nous avons rencontré Nicolas Sarkozy à la fin du mois de septembre, nous avons ponctuellement eu des nouvelles sur l'avancée de la situation", explique Marie-Jo. Avant de poursuivre à demi-mot : "Aujourd'hui cela fait longtemps qu'on ne nous en a pas donné." Alexandre et Marie-Jo ne remettent pas en cause le travail du gouvernement, mais "c'est le manque de communication qui ne nous rassure pas", soulignent-ils.

Discrétions des autorités
"Les contacts existent mais le meilleur moyen de les faire échouer c'est de les mettre sur la place publique", avait déclaré le ministre de la Défense Alain Juppé sur RTL il y a un mois.

Début décembre, la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avait déclaré que les otages étaient toujours en vie, "d'après les informations que nous avons".

Les sept otages, pour la plupart des collaborateurs des groupes français Areva et Satom, ont été enlevés le 16 septembre dans le nord du Niger, à Arlit, un site d'extraction d'uranium. Aqmi a revendiqué l'enlèvement le 21 septembre. Les otages seraient détenus dans le nord-est du Mali.

Le 19 novembre, Aqmi demandait à Paris de négocier la libération des otages au Mali directement avec Oussama ben Laden et exigeait que la France retire ses troupes d'Afghanistan. Le président Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie avaient répliqué que la France ne se laisserait "dicter sa politique par personne".

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