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La sonde Voyager 1, un peu plus près des étoiles

Les scientifiques ne l'ont pas encore perdue de vue. La sonde américaine Voyager 1, lancée en 1977, se trouve aujourd'hui à 18,5 milliards de kilomètres du soleil. Soit aux confins de notre système solaire, toute dernière étape avant l'espace intersidéral. L'occasion de revenir sur 35 ans de bons et spatiaux services.
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Radio France
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 (NASA Autre)

Les astronomes la savent bientôt hors de portée, perdue pour la science. Mais ils ignorent encore quand la sonde Voyager 1 fera ses adieux pour de bon. Et en attendant, ils se régalent. Car l'appareil, lancé le 5 septembre 1977, est toujours en parfait état de marche alors qu'il n'avait pas été conçu pour aller si loin, et continue donc d'abreuver les Terriens d'informations aussi passionnantes qu'inattendues.

Voyager 1 sur "une autoroute magnétique"

Dernière en date, annoncée ce lundi par la Nasa : Voyager 1 se trouve à environ 18,5 milliards de kilomètres de la Terre, soit à la frontière entre notre système solaire et l'espace interstellaire. Mais il vient d'entrer dans une dernière zone que les chercheurs de la Nasa décrivent comme "une autoroute magnétique ", où se croiseraient les particules à haute énergie provenant de l'espace interstellaire et d'autres particules à basse énergie provenant elles du système solaire. Cette zone tampon s'appelle l'héliopause, comme l'explique cette vidéo réalisée par Futura-science :

Ce n'est là que la énième surprise réservée par cette sonde pugnace et zélée. Avec sa jumelle Voyager 2, elle a depuis longtemps accompli sa mission initiale. Mission jugée la plus fructueuse de l'histoire spatiale. Retour sur 35 ans de découvertes. 

Ø 5 septembre 1977 : le lancement de Voyager

Paradoxalement, c'est Voyager 2 qui s'envole la première le 20 août 1977 de Cap Canaveral en Floride. Voyager 1 part deux semaines plus tard, le 5 septembre, mais grâce à une meilleure trajectoire, atteint Jupiter quatre mois avant. La sonde pèse 722 kg et transporte moult appareils comme des caméras, un capteur de rayons cosmiques, un détecteur de plasma, et autres spectomètre, magnétomètre, interféromètre, etc. Sa mission : explorer les deux planètes géantes que sont Jupiter et Saturne. 

Ø 5 mars 1979 : le survol de Jupiter

On connaissait évidemment à l'époque l'existence de Jupiter, mais on en savait si peu. Les deux Voyager ont permis de lui découvrir un anneau, d'y observer des aurores boréales, des orages et de gigantesques éclairs, mais aussi des éruptions volcaniques sur son satellite Io et de la glace sur son autre satellite Europe. 

Ø 12 novembre 1980 : Saturne et ses anneaux

Après sa première exploration, la sonde utilise la gravité de Jupiter pour se placer dans la direction de Saturne, sa deuxième étape. Les scientifiques y découvrent alors que les anneaux de la planète sont bien plus nombreux que prévu. Des milliers, certains très fins. La sonde met au jour également cinq lunes inconnues, autour de cette planète. Mais son exploration la plus intéressante pour les chercheurs reste celle de Titan, l'une des lunes de Saturne, qu'elle approche à moins de 4.000 kilomètres, soit un cheveu dans l'immensité spatiale. 

Ø 1980 : les routes se séparent

Jusqu'à présent, Voyager 1 et 2 travaillent de concert, autour des mêmes objectifs. Mais, au gré d'une correction de trajectoire pour aller survoler Titan, alors que la sonde Voyager 2 file vers Uranus (1986) et Neptune (1989), la sonde Voyager 1 trace sa route. Direction : l'héliopause. 

Ø 14 février 1990 : "le petit point bleu pâle"

Après déjà 13 ans de mission, la Nasa commande à la sonde Voyager 1 de se retourner et de photographier les planètes visitées. Ce qui donnera notamment cette vue de la Terre, petit point bleu pâle, perdu dans l'immensité, qui inspirera Pale Blue Dot , livre de Carl Sagan. Un indice : le point se trouve à mi-hauteur, dans le quart droit de la photo ci-dessous.Ø 17 février 1998 : toujours plus loin

Date symbolique dans l'histoire de la mission Voyager : la sonde n°1, dépassant une autre sonde plus ancienne Pioneer 10, devient officiellement l'objet humain le plus éloigné de la terre. Il l'est toujours... 

Ø Et maintenant ?

Si les chercheurs trépignent devant les informations qu'envoient aujourd'hui Voyager 1, jusqu'à quand cela peut-il durer ? Si la sonde est censée sortir pour de bon du système solaire "d'ici deux mois ou deux ans au plus ", selon les estimations de l'Institut de technologie de Californie, jusqu'à quand va-t-elle continuer à nous "parler" ? Selon Francis Rocard, planétologue du Cnes, elle devrait pouvoir nous livrer les secrets du monde intersidéral jusqu'en 2020, date à laquelle la distance et le manque de carburant devraient la faire taire.

La sonde, comme sa jumelle Voyager 2 qui va connaître le même sort, va alors continuer à dériver dans le cosmos, avec à son bord un disque de cuivre  (image ci-dessous) contenant de nombreuses informations sur notre civilisation (datant de 1977, rappelons-le), comme des photos des pyramides d'Égypte, des sons de tracteurs ou de chimpanzés et des messages de voeux dans toutes les langues. Toutes choses utiles, au cas où la sonde croiserait là-bas, dans 10.000 ans ou des millions d'années... un extra-terrestre ! 

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