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La situation était à peu près normale vendredi en Equateur, après une rébellion policière

Selon la présidence, le président Rafael Correa a repris ses activités sous haute garde de l'armée qui a instauré un périmère de sécurité élargi autour du palais présidentiel.La rébellion, qualifiée de "tentative de coup d'Etat" par le chef de l'Etat, s'est soldée par la mort de huit personnes lors d'affrontements entre police et armée.
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Le président écuatorien, Rafael Correa, porte un masque à gaz le 30 septembre (AFP Rodrigo Buendia)

Selon la présidence, le président Rafael Correa a repris ses activités sous haute garde de l'armée qui a instauré un périmère de sécurité élargi autour du palais présidentiel.

La rébellion, qualifiée de "tentative de coup d'Etat" par le chef de l'Etat, s'est soldée par la mort de huit personnes lors d'affrontements entre police et armée.

Selon le ministère de la Santé, trois morts ont été enregistrés à Quito et cinq autres à Guayaquil, la deuxième ville du pays (sud-oues) dans ces violences.

Le ministère, qui fait état de 274 blessés, ajoute que deux des victimes mortelles sont des policiers et les six autres des civils.

Les policiers contestaient une loi approuvée par l'Assemblée qui supprime certaines primes pour les membres des forces de l'ordre.

Le chef de la police Freddy Martinez a démissionné pour n'avoir pas su éviter le rébellion. Le Congrès, occupé jeudi par des policiers, et l'aéroport international, bloqué plusieurs heures, fonctionnaient de nouveau normalement vendredi. Les frontières terrestres ont été rouvertes.

Selon le gouvernement, 600 policiers seulement ont participé à la rébellion, dans 5 des 24 provinces. Mais une source proche de la rébellion parle de 2300 agents au moins (sur 40.000), un chiffre corroboré par des journalistes de l'AFP.

Le gouvernement équatorien n'a pas levé l'état d'urgence décrété jeudi.

Lors de l'a rébellion, Rafael Correa, cerné par des manifestants, s'est réfugié dans une chambre d'hôpital à Quito et a dit craindre pour sa vie. Selon le vice-président, Lenin Moreno, des rebelles ont tenté de le séquestrer. L'armée équatorienne, fidèle au chef de l'Etat, a fini par prendre d'assaut l'hôpital et a libéré son président.

Le président Correa est ensuite apparu triomphant au balcon du palais présidentiel devant une vaste foule de ses partisans qui l'acclamaient en brandissant des drapeaux équatoriens. "Quelle loyauté, quel soutien ! Cela servira d'exemple à ceux qui veulent arrêter la révolution, non par les urnes mais par les armes", s'est exclamé Correa.

La loi de "service public", contestée par les policiers, a également entraîné une crise entre l'exécutif et le Parlement : la majorité a refusé d'adopter certains articles du projet réduisant les émoluments des fonctionnaires de l'Etat..

Elu en 2006 puis réélu en 2009, le président socialiste, allié de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, s'est aliéné les investisseurs internationaux mais jouit d'une bonne popularité auprès de l'opinion équatorienne. Correa prône un renforcement du contrôle étatique sur les ressources naturelles du pays.

Un contexte politique tendu
L'histoire de l'Equateur, pays de 14 millions d'habitants, est émaillée de périodes d'instabilité politiques. Pas moins de trois présidents ont été renversés sous la pression de la rue dans les dix années qui ont précédé la première élection de Correa, en 2006.

Les troubles qui ont éclaté jeudi sont intervenus dans un contexte de tensions politiques entre Correa et une partie de sa majorité parlementaire, à qui le président reproche de freiner ses réformes. Accusant l'opposition de chercher à favoriser un coup d'Etat, Correa a confirmé son intention de dissoudre le Parlement ainsi que l'autorise la nouvelle Constitution, promulguée il y a deux ans.

La moitié des 124 membres du Congrès sont officiellement des partisans de Correa, mais certains éléments de son parti, l'Alliance Pays (gauche), bloquent les projets de budget visant à réduire le train de vie de l'Etat.

Depuis qu'il est au pouvoir, Rafael Correa a multiplié les programmes sociaux dans un pays où 38% de la population vit sous le seuil de pauvreté avant de voir sa popularité s'effriter ces derniers mois.

Le président pourrait diriger le pays par décret jusqu'à la tenue de nouvelles élections présidentielle et législatives, mais il faudrait pour cela qu'une telle décision reçoive le feu vert de la Cour constitutionnelle.

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