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La pression s'accentue sur le Honduras

L'escalade continue au Honduras entre les autorités et la communauté internationale, après la destitution du président
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France Télévisions
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L'escalade continue au Honduras entre les autorités et la communauté internationale, après la destitution du présidentL'escalade continue au Honduras entre les autorités et la communauté internationale, après la destitution du président

L'Organisation des Etats américains a menacé mercredi d'exclure le Honduras si le président Manuel Zelaya n'était pas rétabli dans les 72 heures.

Le président par interim Roberto Micheletti a répondu qu'il n'avait "rien à négocier" et les autorités ont suspendu plusieurs libertés constitutionnelles pendant le couvre-feu en vigueur toute la semaine.

Sont notamment suspendues la limitation de la durée d'emprisonnement sans jugement, la liberté d'association et de réunion, la liberté de mouvement ou de sortie du territoire.
Roberto Micheletti a confirmé que Manuel Zelaya serait arrêté "immédiatement" s'il rentrait au Honduras

Celui-ci avait prévu de rentrer jeudi, avant de reporter son retour à dimanche.

La pression internationale s'accentue


A New York, l'assemblée générale de l'Onu a réitéré sa condamnation du "coup d'Etat" du 28 juin et exigé le retour au pouvoir de Manuel Zelaya. Madrid et Paris ont rappelé mercredi pour consultations leur ambassadeur au Honduras.

Tous les pays de l'Union européenne ayant un ambassadeur à Tegucigalpa (Allemagne, Italie, France, Espagne) ainsi que la Commission européenne ont décidé de rappeler leur représentant après la destitution de Manuel Zelaya, a annoncé mercredi soir le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos.

La Banque mondiale a confirmé le gel de ses lignes de crédit, sur lesquelles 270 millions de dollars restaient à verser. Et la Banque interaméricaine de développement (BID) l'a imitée en attendant un éclaircissement de la situation.

L'armée hondurienne a chassé du pouvoir le président Zelaya dimanche 28 juin à l'aube, et l'a aussitôt expulsé vers le Costa Rica. Il a été destitué pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection. Un scrutin jugé illégal par la Cour suprême. Les députés ont alors nommé le président du Congrés Roberto Micheletti à son poste.

Ce coup d'Etat, le premier en Amérique latine depuis la fin de la guerre froide, a suscité de nombreuses réactions.

Réactions
Le président Barak Obama a indiqué que l'éviction de Manuel Zelaya n'était "pas légale, dénonçant un précédent grave". "Le président Zelaya a été démocratiquement élu. Il n'a pas fini son mandat", a-t-il lancé. Les Etats-Unis, qui possèdent toujours des installations militaires dans ce pays, utilisé comme base anti-guerilla en Amérique centrale dans les années 80, ont annoncé mercredi avoir suspendu leurs activités militaires avec le Honduras.

Le groupe de la gauche radicale, présidé par le Vénézuélien Hugo Chavez et composé de plusieurs présidents de gauche, comme l'Equatorien Rafael Correa ou le Nicaraguayen Daniel Ortega, ont annoncé qu'ils allaient retirer leurs ambassadeurs en poste à Tegucigalpa. Ils ont reçu le soutien du Cubain Fidel Castro.

L'Union européenne, l'Onu et l'OEA ont toutes condamné le renversement de Manuel Zelaya.

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