La police israélienne pénètre dans la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem

La police israélienne a partiellement investi la mosquée d'Al-Aqsa, à Jérusalem, ce dimanche. Cette incursion rarissime dans le troisième lieu saint de l'islam, répond selon les autorités de l'Etat hébreu, à la nécessité de faire cesser des affrontements entre des juifs radicaux et des musulmans. Mais elle risque de remettre en cause le statu-quo hérité de la guerre des Six Jours.

(Les policiers ont pénétré dans l'enceinte de la mosquée pour faire cesser des émeutes, selon les autorités © Maxppp)

Les policiers israéliens auraient pénétré de "plusieurs mètres " dans l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la vielle ville de jérusalem et tous les observateurs retiennent leur souffle, au vu de la sensibilité du lieu. L'esplanade est en effet disputée entre juifs et musulmans. Troisième lieu saint de l'Islam, elle est considérée par les religieux juifs comme leur premier lieu saint.

Commémorations de la destruction des temples

Selon les autorités isréaliennes, c'est pour mettre fin à des échauffourées que les policiers sont intervenus. Dans la nuit de samedi à dimanche, les juifs ont entamé les célébrations de Tisha Beav, qui marque la destruction du temple de Salomon, en 600 av JC, ainsi que celle du second temple de Jérusalem - et de toute la ville - par les Romains en 70 de notre ère, lors des révoltes de Judée. Ces temples se situaient à l'emplacement de l'actuelle mosquée Al-Aqsa et le mur des Lamentations, situé en contrebas, en est le dernier vestige.

Grenades lacrymogènes

Selon le statu quo hérité de la guerre des Six Jours en 1967, les Juifs ne peuvent prier que le long du mur, ce que la plupart des fidèles a fait cette nuit. Mais les orthodoxes revendiquent le droit de se trouver sur l'esplanade. Et un groupe de radicaux a voulu s'y rendre cette nuit, provoquant des échauffourées et l'intervention de la police israélienne. Selon les autorités de l'Etat hébreux, des Palestiniens retranchés dans la mosquée ont alors jeté des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers, blessant quatre d'entre eux. Et les forces de l'ordre ont alors investi les lieux. Elles ont jeté des grenades lacrymogènes jusque dans la salle de prière.

Portes arrachées et tapis déchirés

Des photos diffusées par la police montrent des portes en bois arrachées, des tapis déchirés et des pierres sur le sol. Au moins six Palestiniens ont été arrêtés selon un photographe de l'AFP, mais aucun bilan global n'est disponible jusqu'à présent. D'autres clichés diffusés sur des sites palestiniens montrent plusieurs blessés. Des heurts similaires ont eu lieu en octobre dernier et Israël avait alors pris la décision de fermer l'esplanade, provoquant la colère de la Jordanie, en charge du lieu saint. Les relations diplomatiques ont été rompues pendant trois mois.

Les Palestiniens accusent régulièrement Israël de vouloir remettre en cause le statu quo de 1967, ce que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, nie. Mais les orthodoxes réclament le droit de pouvoir aller y prier. Certains vont jusqu'à prôner la destruction de la mosquée et la reconstruction d'un temple juif.