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La France "préoccupée" par la situation

"Les difficultés rencontrées par des journalistes et défenseurs des droits de l'homme en Tunisie" préoccupent Paris
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Le journaliste Taoufik Ben Brik (avec l'eurodéputée française Hélène Flautre) le 16 mars 2007 à Tunis (© AFP PHOTO FETHI BELAID)
"Les difficultés rencontrées par des journalistes et défenseurs des droits de l'homme en Tunisie" préoccupent Paris"Les difficultés rencontrées par des journalistes et défenseurs des droits de l'homme en Tunisie" préoccupent Paris

C'est ce qui ressort d'une déclaration faite vendredi par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le porte-parole était interrogé sur le cas de Taoufik Ben Brik, journaliste tunisien très critique à l'encontre du régime du président Ben Ali. Le journaliste a été écroué le 29 octobre dans une affaire d'agression.

Selon son entourage, cette incarcération serait liée à des articles publiés dans la presse française sur le scrutin présidentiel. Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 22 ans, a été réélu le mois dernier avec 89,62 % des voix.

Les Etats-Unis ont qualifié sa réélection de "préoccupante" en mettant en avant l'absence d'observateurs internationaux durant le scrutin. De son côté, le président Nicolas Sarkozy a félicité Ben Ali, l'assurant du soutien de la France, premier partenaire économique de la Tunisie.

"Nous suivons la situation avec attention, nous avons exprimé notre inquiétude à l'ambassadeur de Tunisie (à Paris) et nous avons saisi nos partenaires européens de cette question", a précisé vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Même si elle tranche avec la réserve habituelle de Paris, la réaction du Quai d'Orsay n'a pas convaincu le président de Reporters sans frontières (RSF), Jean-François Julliard: celui-ci juge qu'elle arrive "en retard" puisque Taoufik Ben Brik est incarcéré depuis une semaine.

"Lorsqu'un journaliste commet des actes portant atteinte à l'ordre public et à la sécurité des personnes, sa qualité de journaliste ne peut pas le dispenser d'être poursuivi", a déclaré vendredi le ministre tunisien de l'Intérieur, Bechir Tekkari, au cours d'une conférence de presse. Taoufik Ben Brik est "poursuivi pour avoir agressé une femme, qui a porté plainte avec témoins et un certificat médical à l'apui", a-t-il affirmé.

Critiques en France

RSF et le PS ont appelé le gouvernement à dénoncer cette arrestation, et plus généralement le traitement infligé en Tunisie aux opposants et aux défenseurs des droits de l'homme. "Après l'élection présidentielle tenue dans des conditions contestées par l'opposition démocratique, la situation des droits de l'homme continue de se dégrader" en Tunisie , a dénoncé jeudi le Parti socialiste.

Une précédente dénonciation du maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, appelant "au respect strict des droits de l'Homme en Tunisie ", lui a valu une vigoureuse riposte des autorités tunisiennes. Celles-ci ont affirmé ne pas se reconnaître dans cette "description alarmiste et erronée" et dans ses déclarations "intempestives et incongrues".

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