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L'arsenal diversifié de la peine de mort dans le monde

Dix ressortissants de plusieurs pays (Australie, Brésil, Philippines, Nigeria, Ghana et Indonésie), parmi lesquels le Français Serge Atlaoui, ont été condamnés à mort en Indonésie pour trafic de drogue. Dans ce pays, un peloton d'exécution applique la sentence. Une demi-douzaine de modes d'exécution sont encore usités dans le monde, dont le sabre pratiqué par l'Arabie Saoudite.
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Deux jeunes Iraniens condamnés à mort pour le viol d'un jeune garçon à Mashad, en Iran, le 18 juillet 2007.  (AFP/PHOTOS/STR/ISNA)

Article initialement publié le 8 avril 2013

«Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne.» Cette phrase prononcée en 1848 par Victor Hugo lors d’un discours à l’Assemblée nationale est toujours d’actualité. Le point en 2013 sur les méthodes d’exécutions qui subsistent dans les pays où la peine de mort est encore appliquée. Le dernier pays à y avoir renoncé est la Mongolie en 2012.
 
Electrocution (chaise électrique) : seuls les Etats-Unis continuent à utiliser ce dispositif mis au point en 1880. Dans neuf Etats du pays, les condamnés se voient proposer cette méthode.
S’ils refusent, l’injection létale est retenue.
 
Injection létale : utilisée pour la première fois aux Etats-Unis en 1982, elle consiste en l’injection d’une ou plusieurs substances chimiques (thiopental de sodium, bromure de pancuronium et chlorure de potassium dans le cas des USA) dans une veine. Cette méthode est également utilisée en Thaïlande et en Chine. Dans ce dernier pays, en dehors de grandes villes, les autorités ont recours à des camionnettes d’exécution, qui pourraient servir pour le prélèvement d’organes, une fois les condamnés exécutés.

Aux Etats-Unis, en 2006, l'exécution de Joseph Clark dans l'Ohio, pour lequel l'équipe n'arrivait pas à trouver de veine, a duré quatre-vingt dix minutes.
 
Pendaison : une très ancienne méthode à laquelle ont recours onze pays. Dans la quasi-totalité d’entre eux, le condamné est amené au-dessus d’une trappe, qui s’ouvre brusquement, la moelle épinière étant sectionnée lors de la chute.
En Iran, la trappe n’existe pas. Le condamné meurt par asphyxie.
 
Armes à feu : cette méthode a cours dans treize pays. Certains chargent un policier d’exécuter la sentence alors que les autres choisissent le peloton d’exécution. Un des fusils est chargé à blanc, ce qui permet à chaque soldat de penser qu’il n’est pas l’auteur d’un coup de feu mortel. En 2011, le Vietnam a remplacé cette méthode par l’injection létale.   
 
Lapidation : forme d’exécution très cruelle, légale en Afghanistan, au Soudan, au Yémen et dans certains Etats du Nigeria. La loi iranienne précise quelle doit être la grosseur des pierres afin de prolonger la souffrance des suppliciés. Selon le code pénal de ce pays, l’adultère est puni de cette façon quel que soit le sexe.

Décapitation : un seul pays pratique encore ce procédé. Le 1er avril 2013, un Saoudien condamné à mort pour le meurtre d’un compatriote a ainsi été décapité dans la région d’Assir, au sud du pays.
 
Les exécutions se produisent  en public, aux abords des mosquées des principales villes après la prière du vendredi. Les condamnés à mort, qui sont normalement sous sédatif, doivent s’agenouiller, tête baissée. Mais ils ne sont prévenus qu’environ une heure avant l’exécution et leur famille ou leur avocat ne peut être averti.

Amnesty international s’est élevé contre le processus de la mise en œuvre de la peine de mort dans ce pays. Selon l’association, il est «cruel, largement mystérieux et extrêmement injust ». En effet, les procès sont menés par des juges qui, au lieu de se baser sur des textes de loi, interprètent les enseignements religieux.
 
D’autre part, l’Arabie Saoudite, bien qu’ayant ratifié la Convention des droits de l’enfant, continue de condamner à mort et à exécuter des personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés. 
 
La justice est également critiquée pour son intransigeance envers les travailleurs étrangers, qui représentent près d’un quart de la population saoudienne. Ils sont plus exposés à des erreurs judiciaires et à des procès inéquitables. Selon le quotidien al-Yaoum, «une commission gouvernementale a été créée pour étudier le remplacement des décapitations par les exécutions par balle».
 
«Je vote l’abolition pure, simple et définitive de la peine de mort», terminait le grand écrivain et poète français, déjà cité, le 15 septembre 1848. Le régime wahhabite a peut-être commencé à évoluer…

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