Jérusalem: pression internationale sur Israël

La France, l'UE et la Russie accentuent la pression sur Israël au sujet de la colonisation à Jérusalem-Est

Un jeune cycliste palestinien devant le mur de séparation entre Jérusalem Ouest et Est
Un jeune cycliste palestinien devant le mur de séparation entre Jérusalem Ouest et Est (© AFP - Menahem Kahana)
La France, l'UE et la Russie accentuent la pression sur Israël au sujet de la colonisation à Jérusalem-EstLa France, l'UE et la Russie accentuent la pression sur Israël au sujet de la colonisation à Jérusalem-Est

La présidence suédoise de l'Union européenne a enjoint mardi l'Etat hébreu à s'abstenir de toute action "provocatrice" à Jérusalem-Est, allusion aux expulsions et "démolitions" de maisons palestiniennes.

De son côté, la France a convoqué au Quai d'Orsay l'ambassadeur israélien, Daniel Shek, afin de réclamer à Israël l'arrêt de cette colonisation.

Le président français Nicolas Sarkozy a plaidé par ailleurs mardi pour "des initiatives fortes pour pousser fortement les parties à reprendre le chemin des négociations et à conclure un règlement de paix". Le chef de l'Etat s'exprimait lors d'un déjeûner à Paris avec son homologue égyptien Hosni Moubarak.

La Russie a aussi appelé mardi Israël à "stopper immédiatement" la construction du nouveau quartier de colonisation à Jérusalem-Est, "comme cela est prévu dans la Feuille de route", a indiqué le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko.

Washington a déjà demandé à Israël de stopper son projet de construction de 20 logements juifs à Jérusalem-Est, une demande rejetée pour l'instant par le Premier ministre israélien, M. Netanyahu.

L'objet de la discorde

La municipalité israélienne de Jérusalem a donné son feu vert dimanche à la construction d'un nouveau quartier de colonisation de 20 logements à Jérusalem-Est, sur le site de l'hôtel Shepherd, sur un terrain saisi par Israël en 1968, après avoir été propriété de l'Etat jordanien.

L'objectif affiché des promoteurs est de judaïser la partie orientale de Jérusalem, occupée et annexée par Israël depuis juin 1967, et dont les Palestiniens voudraient faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Environ 190.000 Israéliens se sont installés dans une dizaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-Est où vivent 270.000 Palestiniens.

Israël rejette les critiques internationales


"Israël agit et agira en fonction de ses intérêts nationaux et en particulier, pour tout ce qui touche à Jérusalem ", a réagi mardi le vice-ministre des Affaires étrangères Dany Ayalon dans un communiqué. "Nos droits sur Jérusalem , y compris sur son développement, ne peuvent pas être contestés", a-t-il poursuivi.

Le ministre de l'Intérieur et vice-Premier ministre Elie Yishaï a pour sa part proclamé qu'Israël n'était "pas la filiale d'un autre pays dans le monde. Le gouvernement et l'Etat d'Israël ont le droit de construire partout en Israël lorsque de tels projets ont obtenu toutes les autorisations légales".

Dimanche, Benjamin Netanyahu avait déjà rejeté la demande américaine de suspension de la construction de 20 nouveaux logements dans la partie orientale et arabe de Jérusalem.

"Nous ne pouvons pas accepter l'idée que les Juifs n'aient pas le droit de vivre et d'acheter où que ce soit à Jérusalem", a martelé le Premier ministre lors du conseil des ministres hebdomadaire.

Netanyahu ne veut pas geler les colonies existantes


L'administration du président Barack Obama exige depuis plusieurs mois un gel total de la colonisation juive pour relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens.

Benjamin Netanyahu s'est engagé auprès de Barack Obama à ne pas construire de colonies nouvelles et à démanteler celles qui se sont installées sans agrément du gouvernement, mais il a exclu de geler l'extension naturelle des colonies existantes.

Afin de montrer sa bonne volonté et respecter les engagements pris par Israël il y a déjà huit ans, l'armée israélienne préparerait une "opération coup de poing" pour raser en une journée les 23 colonies juives sauvages de Cisjordanie, croyait savoir mardi le quotidien israélien Haaretz.

Une étude sur le financement des colonies


Selon une étude israélienne publiée mardi, le gouvernement israélien accorde proportionnellement plus d'argent public aux colonies en Cisjordanie qu'aux communes israéliennes.

Dans l'ensemble, 34,7% du budget des communes provient du gouvernement contre 64,3% qui est financé par leurs propres revenus. Pour les colonies, le financement gouvernemental s'élève à 57% contre seulement 42,8% qui provient de leur revenus propres, affirme ce document du Macro Center for Political Economics, un centre israélien d'études économiques.