"On ne t'oublie pas" : trois ans après la disparition de Tiphaine Véron au Japon, ses proches continuent le combat

Les recherches menées à Nikko par ses proches avec des secouristes privés n'ont rien donné, pas plus que les enquêtes judiciaires.

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Tiphaine Véron, le 29 juillet 2018 au Japon. (MEHDI FEDOUACH / AFP)

Elle se réjouissait de ce voyage au Japon, mais à peine arrivée le 29 juillet 2018, Tiphaine Véron a disparu sans laisser de traces. Trois ans après, fin juillet 2021, sa famille, à Poitiers, tente de relancer l'enquête nippone pour trouver des "réponses". Jusque-là, les recherches menées à Nikko par ses proches avec des secouristes privés n'ont rien donné, pas plus que les enquêtes judiciaires.

Le matin du 29 juillet 2018, deux jours après son arrivée au Japon, l'auxiliaire de vie scolaire de 36 ans, épileptique, s'est volatilisée, dans cette paisible cité touristique au nord de Tokyo, entourée de collines et de bois aux sanctuaires réputés. A l'hôtel "Turtle Inn", les enquêteurs ont retrouvé son passeport, sa valise et son programme de visites "minutieusement préparé depuis 6 mois", rendant peu probable un suicide ou une disparition volontaire.

"Manque de collaboration" du Japon

"Aucun élément précis n'a permis de faire avancer l'enquête", dit à l'AFP le parquet du tribunal de Poitiers où l'information judiciaire se heurte au "manque de collaboration" du Japon et à des investigations "trop parcellaires", selon la famille. En plein "désarroi", ils ont fait appel il y a un an à l'avocat parisien Antoine Vey, ex-associé d'Eric Dupond-Moretti, pour relancer l'affaire au Japon.

Samedi, en visite à Tokyo pour les JO, Emmanuel Macron a évoqué l'affaire avec le Premier ministre japonais, Yoshihide Suga. "Il a demandé que l'enquête se poursuive, que la justice fasse son travail", selon l'Elysée, demandant "toute la coopération des autorités exécutives et judiciaires japonaises". "Plus les mois passent, plus l'éventualité d'un meurtre me paraît évidente. Ou alors elle est vivante, mais dans quelles conditions ?" s'interroge sa mère.

Des "zones d'ombres"

"Quand tout a été fait, vous devez abdiquer, il y a une sorte de fatalisme. Nous ce n'est pas le cas, rien n'a été fait, donc on se bat, on n'abandonnera pas", assure le frère de la touriste, Damien, paysagiste de 40 ans, qui anime l'association Unis pour Tiphaine. Avec une cagnotte en ligne parrainée par la comédienne Fanny Ardant, il espère récolter 60 000 euros pour le financement des frais d'enquête.

"Les enquêteurs japonais ont objectivement cherché à faire de cette affaire une non-affaire", assure Me Vey, déplorant que l'hypothèse criminelle n'ait "jamais été véritablement explorée". "Aujourd'hui, il est impossible de trancher définitivement en faveur d'une thèse plutôt qu'une autre car les recherches ont été effectuées de manière très éparpillée. (...) Nous sommes face à un puzzle dans lequel il y a beaucoup trop de pièces manquantes", estime l'avocat.

Pour tenter de lever "ces zones d'ombres", une nouvelle commission rogatoire internationale va être adressée au Japon pour qu'il réalise de nouvelles investigations. L'avocat en a fait la demande à la juge d'instruction de Poitiers le 31 mars.

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