Massacre des dauphins, le triste rituel des pêcheurs au Japon

C’est un rituel bien établi. Tous les ans à la même époque, les pêcheurs japonais regroupent des centaines de dauphins dans une petite baie près de Taiji, sur l’île d’Honshu au sud de Tokyo. Une boucherie où ne sont graciés que quelques spécimens vendus à des aquariums.

Seuls les plus beaux spécimens sont vendus aux parcs marins, les autres sont tués.
Seuls les plus beaux spécimens sont vendus aux parcs marins, les autres sont tués. (Sea Shepherd)

Les animaux sont d’abord rabattus vers une crique. Conduits par des plongeurs, encerclés de filets, les dauphins sont étourdis par le bruit des perches que les pêcheurs frappent les unes contre les autres. Leur sonar devient inopérant. Arrivés dans la sordide crique, une cinquantaine de mammifères est sélectionnée, afin d’être vendue dans les marinelands du monde entier.
 
Les autres sont abattus pour être consommés. Une boucherie qui teinte la mer en rouge sang. Les pêcheurs agissent à l’abri des curieux, cachés par des bâches tant leur activité est cruelle. Selon les défenseurs des animaux, les dauphins meurent au bout d’une demi-heure, en se vidant de leur sang et en suffoquant, selon l’association Sea Shepherd.
 
La consommation de viande de dauphin est du reste réputée dangereuse, du fait de la haute concentration en mercure de l’animal. Selon les écologistes, elle serait 5000 fois supérieure à la norme autorisée par les autorités sanitaires internationales.
 

Les pêcheurs pour leur défense évoquent leur pauvreté. Pourtant, chaque dauphin capturé peut être vendu jusqu’à 200.000 dollars aux parcs aquatiques, quatre fois moins cher pour sa viande. Les autorités japonaises parlent, elles, de pêche ancestrale. D’autre part, elles précisent que les dauphins ne sont pas gérés par la commission baleinière internationale. De ce fait, la gestion de l’espèce est de l’autorité de chaque Etat.
 
Cette année, le Japon a autorisé la capture de 20.000 bêtes. Taiji sera responsable de 10% des prises. Une activité qui ne fait vivre qu’une trentaine de pêcheurs dans le port, mais attire les foudres sur la petite ville.
 
Pendant ce temps, la flotte baleinière japonaise est en Antarctique. Quatre cétacés ont déjà été harponnés.