Japon : Tepco congédie son PDG et démantèle ses réacteurs

Tepco, la compagnie Tokyo Electric qui exploite la centrale de Fukushima, semble sortir subitement de sa torpeur, près de trois mois après le tsunami. _ Elle annonce ce matin la démission de son PDG et la décision de démanteler les quatre premiers réacteurs de la centrale dévastée. La catastrophe lui a coûté très cher : une perte nette annuelle de 11 milliards d'euros.

(Radio France © France Info)

Comme si le séisme et le terrible tsunami du 11 mars n'avaient pas suffi. Ce n'est que ce matin à l'annonce d'une perte record financière que Tepco semble avoir pris la mesure du désastre. Son année budgétaire s'est bouclée fin mars, trois semaines seulement après le tremblement de terre. Un laps de temps qui a pourtant fait plonger le groupe électrique à un niveau jamais atteint par une entreprise japonaise autre que financière. Son déficit culmine à 1.247,35 milliards de yens soit 10,9 milliards d'euros, alors qu'avant la vague, le groupe tablait sur près d'un milliard d'euros. C'est notamment la chute du titre Tepco qui a précipité la ruine.

Le constat contraint donc l'électricien nippon à prendre des mesures fermes et définitives. Il annonce que son actuel patron Masataka Shimizu va quitter son poste, remplacé par un certain Toshio Nishizawa. Il annonce aussi que les quatre réacteurs définitivement perdus à Fukushima-Daiichi vont être démantelés.
_ Enfin, le groupe va bénéficier d'un soutien de l'État pour indemniser les victimes du désastre. Aujourd'hui, au vu de ses finances, il est bien incapable de provisionner quoi que ce soit pour les mois à venir. Or le montant de ces indemnités pourrait s'établir entre 35 et 87 milliards d'euros.

Cécile Quéguiner, avec agences