Japon : le ministre chargé des Jeux olympiques remplacé après des gaffes à répétition

Ce sont des propos jugés choquants vis-à-vis des habitants de la région sinistrée par le tsunami en mars 2011 qui ont précipité le départ de Yoshitaka Sakurada.

Yoshitaka Sakurada, le ministre japonais chargé des Jeux olympiques 2020, annonce sa démission le 10 avril 2019 à Tokyo. 
Yoshitaka Sakurada, le ministre japonais chargé des Jeux olympiques 2020, annonce sa démission le 10 avril 2019 à Tokyo.  (SHOHEI IZUMI / YOMIURI)

La bourde de trop. Le ministre japonais chargé des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo en 2020 a démissionné mercredi 10 avril, à 18 mois de l'événement. Ce sont des propos jugés choquants vis-à-vis des habitants de la région sinistrée par le tsunami, en mars 2011, qui ont précipité le départ de Yoshitaka Sakurada, dont l'opposition avait déjà demandé son départ, pour cause d'incompétence.

Lors d'un malheureux message de soutien à une députée du Parti libéral-démocrate (PLD, droite) au cours d'une réception, il avait jugé que le fauteuil de cette élue "était plus important que la reconstruction" de la région saccagée qu'elle représente, selon des personnes présentes citées par la presse.

Shinzo Abe s'excuse de "l'avoir nommé"

Yoshitaka Sakurada n'en était pas à sa première gaffe : cette semaine, il a écorché trois fois de suite le nom de la ville la plus touchée par le tsunami (disant "Ishimaki" au lieu d'Ishinomaki), d'après les mêmes sources.

Il avait fait scandale en février en se disant "déçu", avec une nuance réprobatrice et sans compassion, quand la nageuse Rikako Ikee, grand espoir de médaille aux JO de Tokyo, a annoncé être atteinte d'une leucémie. Il avait aussi suscité les risées l'an passé en reconnaissant n'avoir "jamais utilisé un ordinateur" alors même qu'en plus des JO, il était ministre chargé de la Cybersécurité.

Il a été remplacé jeudi par son prédécesseur. Yoshitaka Sakurada "a présenté sa démission et je l'ai acceptée", a déclaré mercredi soir aux journalistes le Premier ministre Shinzo Abe, en présentant des excuses et disant se sentir "responsable du fait de l'avoir nommé".