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Japon: la promotion des femmes peine à voir le jour

Une participation accrue des femmes dans la vie économique peine à se mettre en place au Japon. Pourtant, il y a urgence dans un pays qui vieillit, manque de main d'œuvre, et ne veut pas d'immigrés. Un programme lancé en 2014 devant permettre à plus de femmes d'occuper des postes à responsabilité a fait un flop: aucune entreprise ne s'est portée candidate.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Moins de 65% des Japonaises ont un travail. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

Le manque de crèches et de soutien aux femmes dans leur carrière et un sexisme profondément ancré dans la société niponne incitent généralement les jeunes mères à rester à la maison. C'est dans le cadre de sa politique de relance de l'économie, dite «abenomics», que le Premier ministre Shinzo Abe s’est justement engagé, le 29 septembre 2015, devant les Nations Unies à renforcer les mesures de promotions des femmes. 

Or, M. Abe venait de connaître une déconvenue ambarrassante. Le gouvernement s'attendait à recevoir quelque 500 candidatures d'entreprises, mais aucun dossier n'a été déposé au ministère de la Santé. Selon une porte-parole, un budjet de 120 millions de yens reste donc inutilisé. 

Dans le cadre de ce projet, les sociétés choisies auraient pu obtenir, en échange de l'accès aux femmes à des postes plus élevés ou à des formations pour gravir les échellons, jusqu'à 300.000 yens, soit 2.200 euros, a indiqué la porte-parole estimant que ce programme de subventions n'était «pas bon». Une proposition avec des condtions moins strictes et accompagnée d'une subvention multipliée par deux dans certains cas sera lancée en octobre, a-t-elle annoncé.

Les députés japonais ont voté fin août 2015 une loi pour exiger des employeurs qu'ils privilégient l'embauche des femmes à des postes de gestion. 

Seulement 11,2% de femmes à des postes de direction
Lors du lancement de son programme économique, début 2013, le Premier ministre avait plaidé que 30% des femmes puissent occuper des postes à responsabilités dans des entreprises d’ici 2020. Dans une enquête menée en 2012, la proportion des femmes à des postes de direction était de 11,2%, l'un des taux les plus bas parmi les pays développés.  

En 2013, sur les 225 entreprises membres de l’indice boursier Nikkei225, seules 30 comptaient au moins une femme à leur conseil d’administration, selon un éditorialiste de Bloomberg, cité par le site Europe1. Sans quotas imposés, selon lui, «les choses ne vont pas s’améliorer d’elles-mêmes». Nombre d'économistes estiment qu'il est urgent d'augmenter cette proportion en raison du vieillissement de la population.

Les députés japonais ont voté fin août 2015 une loi pour exiger des employeurs de privilégier l’embauche des femmes dans les postes de gestion.



Voulant faire plus de place aux femmes pour doper l'économie du pays, Shinzo Abe avait décidé de nommer cinq nouvelles ministres. Mais deux d'entre elles mêlées à des scandales de corruption ont dû démissionner. Deux affaires qui n'ont pas manqué d'alimenter le matchisme également très présent en politique.

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