Centrale de Fukushima : des opérations de démantèlement reportées de plusieurs années

Le retrait du combustible usé de la piscine de stockage du réacteur numéro 1 devrait débuter en 2027 ou 2028, alors qu'il était initialement prévu en 2023.

Des installations dans la centrale numéro 1 de Fukushima (Japon), le 19 décembre 2019.
Des installations dans la centrale numéro 1 de Fukushima (Japon), le 19 décembre 2019. (KANAME MUTO / YOMIURI / AFP)

Le Japon a décidé de différer de quatre à cinq ans une partie des tâches délicates prévues à la centrale de Fukushima Daiichi, signe des difficultés pour venir à bout des conséquences de l'accident nucléaire de mars 2011. Initialement prévu pour débuter en 2023, le retrait du combustible usé de la piscine de stockage du réacteur numéro 1 ne commencera pas avant 2027 ou 2028, et celui du réacteur 2 est aussi différé à une fenêtre allant d'avril 2024 à mars 2026. Chacune de ces tâches doit durer deux ans.

Les autorités et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), qui gère le démantèlement, se rendent compte au fil des avancées que les travaux sont bien plus compliqués que prévu. "Le retrait du combustible usé est en cours dans la piscine du réacteur 3, et c'est une succession de problèmes", a confié cette semaine à l'AFP un porte-parole de Tepco.

Le procédé industriel mis en oeuvre est très complexe et il est difficile de faire des prévisions. Le plus important, c'est la sécurité des travailleurs.Hiroshi Kajiyama, ministre japonais de l'Industrieen conférence de presse

Pour le moment, le gouvernement et Tepco estiment que le démantèlement complet de la centrale prendra une quarantaine d'années. Nombre de spécialistes jugent toutefois que compte tenu de l'état du site, l'échéancier est difficilement tenable. Le tsunami du 11 mars 2011 a ravagé les installations, provoqué la fusion des cœurs de trois des six réacteurs de la centrale, en mettant hors service les systèmes de refroidissement.

Cette semaine, l'Autorité japonaise de sûreté nucléaire a diffusé des images de l'intérieur du bâtiment principal du réacteur 3, entrailles où aucune intervention humaine n'a été réalisée depuis plus de huit ans. Une explosion s'était produite dans ce bâtiment et l'intérieur s'avère être dans un état catastrophique, avec des portes fracassées, des décombres partout, des tuyauteries déchiquetées et des niveaux d'exposition aux radiations extrêmement élevés.