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Encore de nouveaux incidents à la centrale

Un nouvel incendie s'est déclaré sur le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, selon l'exploitant de la centrale, Tepco. Il semble à présent éteint. Puis, c'est sur le réacteur 3, qui dégage un panache de fumée désormais, que les autorités concentrent leurs efforts. Des hélicoptères devraient larguer de l'eau de mer pour tenter de le refroidir. _ Les incidents se succèdent et le maire d'une petite ville qui accueille les riverains de la centrale appelle le monde "à l'aide".
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Radio France
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Dernière réactualisation à 7h57

Le cauchemar semble ne jamais devoir finir à la centrale de Fukushima 1, frappée par le tremblement de terre puis le tsunami de vendredi au Japon. Depuis, les accidents s'enchaînent, et l'opérateur de la centrale semble perdre le contrôle de la situation, malgré les efforts héroïques des personnels de la centrale, qui tentent de rétablir la situation au péril de leur vie. Ce mercredi matin, faute de pouvoir intervenir au sol, l'armée s'apprête à déverser de l'eau par hélicoptère sur le réacteur n°3, qui dégage un panache de fumée ou de vapeur depuis plusieurs heures maintenant.

Ce mardi soir, c'est un nouvel incendie qui a éclaté sur le réacteur numéro quatre. Il semble s'être éteint, selon l'agence de sûreté nucléaire japonaise. Mais personne ne pouvant approcher ce réacteur, de l'eau est projetée dessus par hélicoptère pour tenter de refroidir le combustible, avec des résultats pour le moins aléatoires.
Une première explosion et un incendie se sont produits sur ce réacteur 4 dans la nuit de lundi à mardi, heure française, provoquant des trous dans le toit du bâtiment. Deux techniciens sont portés disparus depuis cette explosion.
Enfin, les deux derniers réacteurs de la centrale, les 5 et 6, donnaient d'inquiétants signes de surchauffe mardi matin.

Seuls 50 employés sur les 800 habituels ont été sur le site. La zone de sécurité autour de la centrale a été élargie de 20 à 30 kilomètres. Les habitants qui se trouvent dans cette zone sont appelés à rester calfeutrés chez eux. Mais la région se vide progressivement. 200.000 personnes ont déjà été évacuées du cercle des 20 km. Le maire de la ville de Koriyama, à une cinquantaine de km de la centrale, qui accueille les évacués, a lancé "un appel au monde : nous avons besoin d'aide", dit-il.

L'appréciation de la gravité de la situation est très différente selon les sources. Les autorités japonaises affirment que les niveaux de radioactivité ne sont dangereux que sur le site de la centrale, autour des quatre réacteurs endommagés. Ainsi, elles n'appellent à prendre aucune précaution particulière dans l'agglomération de Tokyo et ses 35 millions d'habitants.

Mais l'Agence internationale à l'énergie atomique estime possible que le cœur d'un autre réacteur, le numéro deux, ait été partiellement endommagé, après une explosion due à de l'hydrogène. Et l'étanchéité de l'enceinte est incertaine, d'où les rejets radioactifs.

Le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, a été moins prudent. Il parle d'“apocalypse” et estime que les autorités ont totalement perdu le contrôle de la centrale : “je n'exclus pas le pire dans les heures et les jours à venir”, a-t-il déclaré.

Grégoire Lecalot, avec agences

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