En pleine tension avec la Chine, le Japon lance son plus grand bateau de guerre

Le Japon a montré le 6 août 2013, jour anniversaire de la bombe atomique sur Hiroshima, pour la première fois en public son plus gros navire militaire construit depuis la dernière guerre. En pleine tension avec la Chine, à propos des îles Senkaku, la présentation du Izumo, 248 m de long, n’a guère plu à Pékin.

Lancement de l\'Izumo, le plus grand vaisseau de guerre construit par le Japon, depuis la seconde guerre mondiale.
Lancement de l'Izumo, le plus grand vaisseau de guerre construit par le Japon, depuis la seconde guerre mondiale. (TOSHIFUMI KITAMURA / AFP)
19 000 tonnes, 248 mètres de long, 900 millions d’euros… l’Izumo, présenté comme un simple porte-hélicoptères, a l’allure d’un véritable porte-avions. Des experts indépendants estiment que ce bâtiment, vu sa taille imposante, pourrait théoriquement un jour être utilisé comme porte-aéronefs polyvalent et servir de plateforme de lancement à des avions de chasse à décollage vertical. Il devrait être opérationnel en 2015.
 
Pékin a donné la nouvelle avec une note d’inquiétude. «Le plus grand navire de guerre du Japon a été présenté mardi, soulevant de graves préoccupations au sujet de l'accumulation militaire du pays, les observateurs ont indiqué que le navire était en fait un porte-avions, interdit par la Constitution pacifiste du Japon », a écrit Le Quotidien du Peuple.
 
Tension autour des îles Senkaku
Cette cérémonie de baptême intervient alors que les relations sont pour le moins tendues depuis septembre dernier avec la Chine, et dans une moindre mesure avec la Corée du Sud, en raison de différends territoriaux.
 
La Chine a immédiatement réagi en se déclarant «préoccupée par l'expansion constante des équipements militaires du Japon». Le ministère chinois de la Défense a même précisé que «cette tendance appelle une vigilance accrue de la part des voisins asiatiques du Japon et de la part de la communauté internationale ».
 
Preuve du climat tendu entre Pékin et Tokyo, L'ambassadeur chinois à Tokyo a été convoqué le 8 août à la suite de la présence prolongée de navires gouvernementaux chinois dans les eaux territoriales de l'archipel des Senkaku (Diaoyu pour la Chine), sous administration japonaise mais revendiqué par Pékin. Le japon a remis une protestation au diplomate chinois. «La partie chinoise a indiqué qu'elle n'acceptait pas cette protestation»,  ont précisé les diplomates japonais.
 
Depuis qu'en septembre Tokyo a nationalisé trois îlots d'un archipel (acheté à leur propriétaire privé japonais) mais revendiqué par Pékin, le torchon brûle entre les deux capitales. Des manifestations anti-japonaises  s'étaient déroulées à l'époque pendant une semaine dans de nombreuses villes de chinoises.
              
Pékin envoie depuis lors régulièrement des navires gouvernementaux, dernièrement des garde-côtes dotés d'armement léger, faire des ronds dans les eaux territoriales autour de l'archipel des Senkaku, faisant craindre à tout moment un incident sino-japonais.
              
Rapidement après la victoire de son Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) aux législatives de décembre 2012, le Premier ministre Shinzo Abe avait clairement indiqué qu'il n'hésiterait pas à utiliser la force en cas de  débarquement chinois aux Senkaku. Des propos qui s'inscrivent dans une série de déclarations au caractère nationaliste, voire négationniste par rapport à la politique du Japon pendant la dernière guerre. Le premier ministre Shinzo Abe ne se cache pas de militer en faveur d'une révision de la Constitution pacifiste de 1947.
 
De son côté, la marine chinoise ne reste pas inactive. «En réponse au porte-avions léger que le Japon appelle frégate, il ne reste à la Chine qu'à construire ses propres véritables porte-avions», a conseillé cette semaine le journal chinois Global Times, connu pour son nationalisme.

La Chine serait d’ailleurs, selon des informations non confirmées, en train de construire son propre porte-avions, alors qu’elle dispose déjà d’un porte aéronefs le «Liaoning», construit à partir d'une coque à l'origine destinée à la Marine soviétique.