Venise sous les eaux : l'état de catastrophe naturelle va être décrété par le gouvernement italien

Les autorités évaluent les dégâts à "plusieurs centaines de millions d'euros".

Une personne tente de traverser la ville de Venise, sous les eaux après une marée haute exceptionnelle, le 14 novembre 2019. 
Une personne tente de traverser la ville de Venise, sous les eaux après une marée haute exceptionnelle, le 14 novembre 2019.  (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Les Vénitiens se sont encore réveillés au son des sirènes. Toujours traumatisée par une marée haute exceptionnelle mardi, la Cité des Doges se prépare à de nouveaux épisodes d'"acqua alta", alors que le gouvernement doit décréter, jeudi 14 novembre, l'état d'urgence pour catastrophe naturelle. 

Le Premier ministre Giuseppe Conte, arrivé la veille, a participé à une réunion de crise à la préfecture avant de faire un tour des commerces de la ville. Sur Twitter, il a indiqué retourner à Rome pour un Conseil des ministres au cours duquel l'état de catastrophe naturelle sera décrété, afin de mobiliser rapidement des fonds.

Plusieurs autres épisodes d'"acqua alta" sont prévus dans les prochains jours. Si la montée des eaux ne devrait pas dépasser 1,25 mètre jeudi, la prochaine alerte importante est attendue vendredi en fin matinée avec un niveau de 1,40 mètre, anticipé par le Centre de surveillance des marées de Venise. Les autorités évaluent les dégâts chiffrés à "plusieurs centaines de millions d'euros"

Pour le ministre de l'Environnement Sergio Costa, la situation est aggravée par le réchauffement climatique, qui se traduit dans le pourtour méditerranéen par une "tropicalisation" de la météo, avec d'intenses précipitations et de fortes rafales de vent.

Un projet de digues flottantes

De nombreux responsables, dont le maire de Venise Luigi Brugnaro, ont appelé à terminer "au plus vite" le méga-projet de digues MOSE ("Moïse" en italien, acronyme de "Module expérimental électromécanique") afin de "protéger tout le bassin" de Venise. Selon le Premier ministre Giuseppe Conte, il est "prêt à 93%" et sera "terminé vraisemblablement pour le printemps 2021". Le projet, jugé trop coûteux et inefficace par les écologistes, repose sur 78 digues flottantes qui devraient se lever pour fermer la lagune en cas de montée de l'Adriatique jusqu'à 3 mètres de haut.