Saint-Marin : la fin du paradis

Avec 61 km², la république de Saint-Marin est le troisième plus petit Etat d'Europe derrière le Vatican et la principauté de Monaco. Après plusieurs années de tensions, Saint-Marin est sortie, fin 2009, de la liste grise des paradis fiscaux de l'OCDE et a signé, en juin 2012, un accord fiscal avec l'Italie, au prix d’un sérieux contrecoup économique.

La ville historique de San Marino vue de la citadelle
La ville historique de San Marino vue de la citadelle (AFP PHOTO / MARCEL MOCHET)

Constituée le 8 octobre 1600, Saint-Marin est la doyenne des Républiques européennes. Enclavée entre les régions italiennes d'Emilie-Romagne et des Marches, dans le nord-est de la Péninsule, non loin de la côte adriatique, elle compte environ 32.000 habitants dont 2.000 étrangers.

Bien que située dans la zone Schengen, Saint-Marin ne fait pas partie de l’Union européenne, même si sa monnaie légale est l’euro. Toutefois, depuis 2000, la République a signé plusieurs accords, monétaire avec l’Italie et l’UE, ou fiscaux avec une vingtaine de pays, dont la France, ainsi qu’avec l’OCDE. L'organisation l’a sortie fin 2009 de la liste grise des paradis fiscaux. Par ailleurs, un texte signé avec l’UE, le 27 mars 2012, est venu renforcer les volets bancaires et financiers et la lutte contre le blanchiment et la fraude à la TVA.

Son économie est actuellement en crise en raison du contentieux avec l'Italie qui la considérait toujours jusqu’à l’été 2012 comme un paradis fiscal. L’amnistie fiscale décrétée par le gouvernement Berlusconi en 2009, qui a permis aux Italiens de rapatrier leurs capitaux cachés à l'étranger, a asséné un coup violent au secteur bancaire qui représentait le quart du PIB de ce mini-Etat. Plus de 4 milliards d'euros sur 14 milliards de dépôts ont ainsi quitté les coffres des nombreuses banques de la Sérénissime République.



The WorldOfTravelIFR, le 21 février 2012


Notation de Saint-Marin dégradée
Fin juillet 2012, l'agence d'évaluation financière européenne Fitch a dégradé la notation de la petite république en raison des difficultés de son secteur financier et de sombres perspectives économiques liées à la situation de l'Italie.

Dans un communiqué, Fitch a indiqué avoir abaissé la note à long terme à «BBB+» contre «A» auparavant et la note à court terme à «F2» contre «F1» auparavant. La perspective de la note à long terme est négative, ce qui signifie que l'agence envisage encore de l'abaisser à moyen terme. La décision de Fitch est due à «la détérioration matérielle du secteur financier de Saint -Marin» et aux «perspectives plus faibles que prévu de l'économie», a expliqué l'agence.

Le secteur financier qui représentait près de cinq fois son PIB nominal fin 2011, a subi «une série de chocs depuis 2009», dont l'amnistie fiscale italien. Des chocs qui «ont mis à mal ses avantages compétitifs et mis en lumière le besoin urgent d'un nouveau modèle», selon Fitch.

Par ailleurs, les liens économiques étroits de Saint-Marin avec Rome «ont un impact indirect» sur la notation de Saint-Marin en raison des difficultés économiques de l’Italie et de la crise de la zone euro. Sous l'effet des sombres perspectives économiques et des difficultés du secteur financier, Saint-Marin devrait connaître en 2012 sa cinquième année consécutive de récession, estime Fitch.