L'Italie mise à l'amende à cause des poubelles de Naples

L'Europe était en droit de bloquer des fonds destinés à la gestion des déchets dans la région de Naples, car l'Italie n'a pas adopté toutes les mesures nécessaires à leur élimination. C'est ce qu'a décidé la justice européenne, mettant à nouveau en lumière la question des poubelles de la grande ville du sud de l'Italie.

Des habitants protestent contre la crise des poubelles à Naples, en mai 2011.
Des habitants protestent contre la crise des poubelles à Naples, en mai 2011. (ANNA MONACO / AFP)
Le Tribunal de l'UE a donc décidé le 19 avril que Bruxelles avait eu raison de bloquer les 46 millions d'euros qui étaient destinés à financer à hauteur de 50% la collecte et l'élimination des déchets dans la région de Campanie. Bruxelles avait justifié ce blocage des fonds en 2008 en affirmant «qu'ils ne seront débloqués que lorsque le plan de gestion des déchets sera réellement conforme au droit de l'UE».

L'Italie avait déposé un recours contre cette décision. Le Tribunal de l'UE  qui siège à Luxembourg a rejeté cet appel.

      
Et l'Italie n'en a pas fini avec la justice européenne sur la question des déchets. Ainsi, en octobre 2012, la Commission a demandé le renvoi de Rome devant la Cour européenne de justice (CEJ) pour le non-respect des règles européennes concernant la gestion des déchets.
      
Elle a demandé à la Cour d'infliger à l'Etat italien une amende forfaitaire de 56 millions d'euros et à une astreinte journalière de près de 257.000 euros à compter de la date de l'arrêt de la Cour et jusqu'à la cessation de l'infraction.

Cela risque de durer, car les gouvernements se sont succédés et la question des ordures demeure. Le gouvernement Berlusconi avait promis de régler le problème ─ en mobilisant notamment l'armée ─ mais, après un mieux, les poubelles sont revenues défigurer l'une des plus belles villes du monde.