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Une Europe de la rigueur, "lointaine", "austère", "peu démocratique" : en Italie, la tentation eurosceptique

Les Italiens ont le sentiment d'avoir été abandonnés par leurs partenaires européens, dans la crise migratoire notamment, et leur vote aux législatives de dimanche risque de traduire ce mécontentement.

Article rédigé par Mathilde Imberty
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Matteo Salvini, leader d'extrême-droite de la Ligue. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Les Italiens votent dimanche 4 mars et les formations les plus eurosceptiques ont le vent en poupe. À commencer par le Mouvement 5 Étoiles, ce mouvement anti-caste ni droite ni gauche qui, jusqu’à il y a quelques mois, proposait un référendum de sortie de l’euro et semble avoir changé d’avis tout dernièrement. Les Italiens ont le sentiment d'avoir été abandonnés par leurs partenaires de l'Union européenne dans la crise migratoire notamment et leur vote risque de traduire ce mécontentement.

La défiance se cristallise sur l'écononomie et la monnaie

En effet, les études se suivent et se ressemblent. Les Italiens, des plus europhiles aux balbutiements de la communauté européenne, sont devenus les plus eurosceptiques. Une défiance qui se cristallise sur les questions économiques et la monnaie : "De tous les pays membres de la zone euro, c’est l’Italie qui a le plus faible enthousiasme pour l’euro, explique Marc Lazar, politologue, professeur à Sciences Po et à l’université LUISS de Rome. Le pays a un fort taux de chômage et les inégalités y sont creusées. Par conséquent, l’Europe, associée à la prospérité et la protection sociale, est aujourd’hui considérée comme une Europe de la rigueur, de l’austérité, et lointaine et non démocratique."

Deux formations deviennent donc très attirantes pour les Italiens les plus méfiants envers l’Europe telle qu’elle se dessine. La Ligue de Matteo Salvini alliée de Marine Le Pen au Parlement Européen et le Mouvement 5 Étoiles qui à Strasbourg siège avec le groupe de Niguel Farage à Strasbourg très eurosceptique qui lui a adoucit ces derniers jours ses propos. Plus question de sortie de l’euro.

Si l’Italexit est peu probable néanmoins les voisins de l’Italie observent avec une une grande attention les élections italiennes. La France en premier lieu. Emmanuel Macron le 11 janvier dernier faisait l’éloge du Président du Conseil actuel Paolo Gentiloni du Parti Démocrate. "Je considère que l’Europe a eu beaucoup de chance d’avoir Paolo Gentiloni ces derniers mois, là où il était, déclarait ainsi le chef de l’État. L’Europe est bonne pour l’Italie, et une Italie qui croit en l’Europe est bonne pour l’Europe. À ce titre, je souhaite que nous puissions continuer le travail important et ambitieux que nous avons commencé."

La Ligue de Matteo Salvini réalise une percée

Les sondages donnaient plutôt une victoire de la droite. Avec une éventuelle percée de la Ligue de Matteo Salvini. Ce qui donne des sueurs froides à Sandro Gozi, candidat pour le Parti Démocrate et secrétaire aux Affaires européennes de l’Italie depuis 2013. "Si Matteo Salvini était élu président du Conseil italien, ce serait une rupture nette avec la politique européenne menée par l’Italie : la Ligue veut sortir de l’euro et de l’UE, la Ligue veut démanteler Schengen, ce sont les murs et la xénophobie. Ce serait un problème pour l’Italie et les Italiens." Les Italiens votent dimanche jusque 23 heures…

Une Europe de la rigueur, "lointaine", "austère", "peu démocratique" : en Italie, la tentation eurosceptique - reportage Mathilde Imberty

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