"Meloni est d’autant plus dangereuse qu’elle sera sournoise" : des Italiennes craignent pour leur droit à l'avortement

La leader du parti "post-fasciste" Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, ouvertement contre le droit à l'avortement, pourrait diriger le prochain gouvernement. 

Article rédigé par
Blandine Hugonnet - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Une Italienne manifeste pour défendre son droit à l'avortement à Rome, le 28 septembre.  (STEFANO RONCHINI / IPA-AGENCY.NE / MAXPPP)

“On n’a pas peur des objecteurs”, crient en chœur des femmes rassemblées à Rome pour défendre le droit à l’avortement. Après la victoire de Giorgia Meloni aux élections législatives, le 26 septembre, elles sont nombreuses à être descendues dans la rue cette semaine. La patronne du parti post-fasciste Fratelli d’Italia pourrait diriger le prochain gouvernement et ne cache pas son opposition à la liberté d’avorter. La crainte que l’interruption volontaire de grossesse (IVG), légalisée depuis 40 ans en Italie mais difficile d'accès, soit remise en cause touchent beaucoup d'Italiennes.

7 médecins sur 10 refusent déjà de pratiquer les IVG en Italie 

"Aujourd'hui, on craint encore plus que les obstacles soient institutionnalisés. C'est sûr ! Même la pilule du lendemain, on me l'a déjà refusée à la pharmacie. Les droites vont renforcer ce problème-là", affirme une étudiante à Rome. En Italie, près de 7 médecins sur 10 refusent de pratiquer des IVG. Avec sa devise en triptyque “Dieu, patrie, famille”, la très conservatrice Giorgia Meloni, veut favoriser le droit “à ne PAS avorter”. Mais elle le fera de façon insidieuse, prévient Fabiola, enseignante de 52 ans. 

"Elle ne supprimera pas la loi, ça serait trop gros. Mais elle la videra encore plus de son sens comme c’est déjà le cas avec les plannings familiaux qui ne garantissent pas l’IVG et avec l'objection de conscience. Meloni est d’autant plus dangereuse qu’elle sera sournoise."

Fabiola, enseignante

à franceinfo

Ces Italiennes appellent à redoubler d’effort pour défendre un accès libre, sûr et gratuit à l’avortement dans une Italie très catholique, qui vire aujourd’hui à droite toute. Un pays épinglé deux fois par les cours européennes pour les entraves, encore trop nombreuses, à l’IVG. 

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