Italie : l'avortement remis en question

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Italie : l'avortement remis en question
Article rédigé par
R. Schapira, M. Chiarello, L. Giuily, V. Parent - France 3
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Au-delà des Alpes, de plus en plus de femmes ont du mal à avorter dans certaines régions. Si elles se heurtent déjà au refus des médecins et des hôpitaux, cela pourrait empirer si la candidate de la Ligue, Giorgia Meloni, venait à être élue à la tête du pays, dimanche 25 septembre.

En Ombrie, depuis l'arrivée au pouvoir de la Ligue, parti de droite, il est de plus en plus difficile d'avorter. À 67 ans, alors qu'elle devrait être à la retraite, Marina Toschi est débordée. La gynécologue doit accueillir une nouvelle patientèle dans son cabinet de Pérouse. Des femmes qui n'arrivent plus à avorter près de chez elle. "Cette dame a dû aller en Toscane pour avorter, elle ne trouvait pas de solution. Alors que normalement, elle devrait pouvoir venir ici, à 100 mètres de chez elle", explique-t-elle. Dans la région, elle est l'une des dernières à accepter de prescrire la pilule abortive et assurer le suivi des femmes. Car en Italie, la loi permet aux médecins de refuser de pratiquer un avortement. C’est ce qu'on appelle des objecteurs de conscience. 

Vers un avenir de moins en moins radieux

Dans l'hôpital de cette région, ils sont 80 % à refuser. Inadmissible pour Marina : "On est devant l'hôpital de Pérouse, le plus grand d’Ombrie, celui où on devrait enseigner et pratiquer les avortements médicamenteux et on ne le fait pas. Dans les universités catholiques, qui sont les meilleures, on ne parle ni de l'avortement ni de la contraception et quand tu rentres on te fait signer un document pour devenir objecteur de conscience". Une situation qui inquiète les femmes de la région. Cela ne devrait pas s'arranger dans les mois qui viennent. Giorgia Meloni, candidate d'extrême droite et favorite des sondages a déclaré qu'elle souhaitait protéger la maternité et trouver des solutions pour permettre aux femmes de ne pas avorter.

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