Agression d’une athlète italienne : le parquet exclut le motif raciste

La lanceuse de disque d'origine nigériane Daisy Osakue avait reçu un œuf dans l’œil, dimanche 29 juillet, dans une ville située près de Turin. Elle avait dénoncé une agression raciste, mais d'autres personnes, blanches, ont également été victimes de jets d'oeufs au même endroit.

Daisy Osakue, à Rome (Italie), le 31 mai 2018
Daisy Osakue, à Rome (Italie), le 31 mai 2018 (MATTEO CIAMBELLI / NURPHOTO / AFP)

Une agression, oui. Mais pas à caractère raciste. C'est ce qu'a décidé le procureur de Turin après l'agression de l'athlète noire Daisy Osakue. Pour le parquet, "aucun élément n'indique une attaque à motivation raciste", rapporte l'agence de presse italienne Ansa (lien en italien), mardi 31 juillet. Il évoque "d’autres agressions du même type", "contre des femmes blanches" cette fois, dans le même secteur, et avec les mêmes projectiles : des oeufs. Un homme blanc a par ailleurs été lui aussi la cible de ces jets.

Deux jours plus tôt, la lanceuse de disque d'origine nigériane, a été blessée à un œil après avoir reçu un oeuf lancé depuis une voiture, dans une ville du nord de l'Italie. "Je suis tombée par terre et j'ai senti le liquide, j'étais terrifiée à l'idée qu'il pourrait s'agir d'acide", avait alors confié la jeune femme de 22 ans à la chaîne de télévision Sky TG24. Pour elle, il n'y avait pas de doute : son ou ses agresseurs cherchaient une cible noire. Sa photo à la sortie de l'hôpital avec un bandage sur l'oeil gauche avait ému au-delà des frontières italiennes.

La participation de Daisy Osakue aux championnats d'Europe, à Berlin, est fortement compromise. En effet, la prise de cortisone pour son œil risquant d’être considérée comme du dopage, selon Torino Today (lien en italien). 

L'enquête sur cette série d'agressions est toujours en cours. Trois suspects, des adolescents, ont été identifiés. Selon le Corriere Torino (article en italien), l'un d'eux, âgé de 19 ans, est le fils d’un conseiller municipal du parti démocrate d’une petite ville voisine de la région. Il aurait reconnu avoir participé, avec deux amis, à au moins sept agressions similaires. Le trio choisissait ses victimes au hasard de ses errances en voiture.