Fraude à la taxe carbone : un des condamnés aperçu en Israël dans l'émission "MasterChef"

Eddie Abittan avait été condamné en septembre 2108 par contumace en France à six ans de prison et 2 millions d'euros d'amende.

Capture d\'écran d\'un extrait de l\'émission israélienne \"Masterchef\", le 22 septembre 2019.
Capture d'écran d'un extrait de l'émission israélienne "Masterchef", le 22 septembre 2019. (MASTERCHEF)

L'un des principaux protagonistes de l'escroquerie à la TVA sur le marché du CO2 en France, qui a coûté 1,6 milliard d'euros au fisc, a été repéré en Israël après son apparition dans une émission de téléréalité culinaire. Eddie Abittan, condamné en septembre 2108 par contumace en France à six ans de prison et 2 millions d'euros d'amende, est passé à la télévision israélienne afin de soutenir son épouse, vainqueure de l'émission "MasterChef", dimanche 22 septembre.

On le voit clairement dire à sa femme "Ça sent bon chérie" en français, entouré de sa belle-mère et d'autres membres de la famille. A partir de cet extrait de l'émission de téléréalité, la journaliste franco-israélienne Emmanuelle Elbaz-Phelps, qui avait longuement enquêté en 2017 sur l'affaire pour le compte de la chaine publique Kan 11, a reconnu Abittan. "Il n'a jamais été interviewé, c'est sa première apparition publique", a-t-elle expliqué à l'AFP.

A priori pas de demande d'extradition

Contacté par l'agence de presse, Yaron London, l'avocat israélien d'Eddie Abittan, a affirmé que son client "était un homme d'affaires légitime en Israël". "Je souhaite qu'il soit innocenté en France", a-t-il ajouté. Interrogé sur une éventuelle demande d'extradition de la justice française, l'avocat a assuré ne pas être au courant d'une telle procédure.

"L'escroquerie du siècle", ainsi que l'ont qualifiée les médias, qui s'est déroulée sur le marché des quotas d'émissions de CO2 en 2008-2009, consistait à acheter des droits à polluer hors taxe dans un pays européen, avant de les revendre en France à un prix incluant la TVA, puis d'investir le total dans une nouvelle opération. La TVA n'était jamais reversée à l'Etat.