En Israël, les Bédouins en colère

Dans une quinzaine d’endroits en Israël (dans le Néguev, en Galilée (nord), à Tel-Aviv…), de nombreuses manifestations de la minorité arabe israélienne ont éclaté mi-juillet 2013 contre le projet de loi de déplacer les Bédouins du désert.

Le 15 juillet 2013 à Beer-Sheva, la principale ville du Néguev (région désertique du sud d\'Israël), des policiers israéliens immobilisent un manifestant bédouin.
Le 15 juillet 2013 à Beer-Sheva, la principale ville du Néguev (région désertique du sud d'Israël), des policiers israéliens immobilisent un manifestant bédouin. (AFP PHOTO / DAVID BUIMOVITCH)
La communauté des Arabes Israéliens représente environ 20% de la population du pays, soit plus de 1,4 million de personnes. Ils descendent des 150.000 Palestiniens restés dans les frontières de l'Etat hébreu après la guerre de Palestine de 1948.

En mai 2013, l'Association pour les droits civiques en Israël a dénoncé un projet de loi du gouvernement de déplacer les bédouins du désert du Néguev vers des villages reconnus.

«Ces déplacements forcés vont porter atteinte à des dizaines de villages et des milliers de bédouins qui vont être dépossédés de leurs propriétés et de leurs droits historiques sur leurs terres. Tout en détruisant le tissu social de leur communauté en condamnant des milliers de familles à la pauvreté et au chômage… Parallèlement, le gouvernement promeut le développement de nouvelles localités juives, dont certaines doivent même être érigées sur les ruines des villages de Bédouins», a déclaré l’association.

Le Haut comité de suivi de la communauté arabe israélienne a appelé à une «grève de la colère» le 15 juillet. 

Si la loi passe, elle prévoit le déménagement forcé de 30 à 40.000 Bédouins, la démolition d'une quarantaine de villages et la confiscation de plus de 70.000 hectares de terres dans le Néguev. Seuls 12.000 d’entre eux, sur les 160.000 qui vivent en Israël, ont obtenu l'autorisation légale de rester sur leur lieu d'habitation actuel.

Plus de la moitié habitent dans des villages non-reconnus et sans services publics. Les autres vivent dans des conditions d'extrême pauvreté.

Cette population est victime de discriminations, principalement en matière d'emploi et de logement.