Vidéo "On a quatre, cinq droits, en tout et pour tout" : à Téhéran, une Iranienne brave les interdits pour raconter la répression que subissent les femmes

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Arrestations arbitraires, infiltration par des hommes en civil... les méthodes des forces de l'ordre iraniennes pour semer la terreur
Envoyé spécial / France 2
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France Télévisions

A Téhéran, une équipe d'"Envoyé spécial" a suivi des femmes révoltées par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour une tenue qui ne respectait pas le code vestimentaire de la République islamique. Dans cet extrait, une militante témoigne de la répression violente des manifestations par les forces de l'ordre.

Dans une capitale iranienne sous tension, une militante qui a choisi de se faire appeler "Mahsa", en hommage à Mahsa Amini, fait le récit à "Envoyé spécial" d'une arrestation arbitraire et violente en marge d'une manifestation. Deux hommes en civil se seraient jetés sur un garçon et une fille de 15-16 ans, explique-t-elle. "Ils ont jeté le garçon à terre et l'ont tabassé, tabassé." "Mahsa" aurait alors demandé de l'aide à un homme présent dans la foule à ses côtés... "Mais c'était l'un d'eux ! poursuit-elle. Il a couru vers les jeunes, et il les a tabassés aussi." Selon la jeune femme, ces membres des forces de l'ordre en civil, parfois vêtus à la mode, sans barbe, seraient impossibles à identifier. 

"Et puis finalement, ils ont embarqué les jeunes dans un de leurs vans, banalisé. On ne pouvait pas savoir à quelle unité ils appartenaient. Ce genre d'arrestation, c'est inquiétant, parce qu'on ne sait pas ce qu'ils vont faire avec les gens qu'ils arrêtent, et on ne sait pas où aller se renseigner. On n'a aucun moyen de savoir qu'ils sont en vie, pas en vie, où et dans quelles conditions ils sont détenus." 

Mahsa Amini, symbole de l'oppression des femmes

C'est la mort de Mahsa Amini, après son interpellation par la police des mœurs pour une tenue qui ne respectait pas le code vestimentaire strict de la République islamique, qui a mis le feu aux poudres. Depuis le 16 septembre dernier, Téhéran vit au rythme des manifestations et de la répression, féroce, du régime ultraconservateur arrivé au pouvoir en 2021.

"Tu veux que je t'énumère les droits dont on est privées, nous, les femmes ? Je vais commencer par les droits qu'on a, ça ira plus vite. On a 4, 5 droits, en tout et pour tout."

"Mahsa", militante iranienne

à "Envoyé spécial"

Les rassemblements se multiplient notamment contre l'obligation de porter le voile. Ce hijab, qui "t'entrave dans tes mouvements, dans tout ce que tu fais", "Mahsa" n'en veut pas, pas plus que de la charia. Des propos qui pourraient lui valoir plusieurs années de prison, dans un pays où les femmes n'ont que "le droit de se marier, de mettre au monde des enfants, le droit d'être la femme, la mère ou la sœur de quelqu'un", énumère-t-elle. 

Extrait de "Iran : la liberté dévoilée", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 29 septembre 2022.

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