Irak : les djihadistes prennent plusieurs villes dont Mossoul

Coup dur pour le gouvernement irakien. Les rebelles, alliés aux combattants d’Al-Qaida ont pris la deuxième ville du pays, Mossoul. Les autorités avaient pourtant promis d’éradiquer Al-Qaida. Elles ont décidé d’armer les citoyens prêts à combattre les insurgés.

(Des voitures des forces de l'ordre irakiennes incendiées à Mossoul © Reuters)

Les djihadistes gagnent du terrain en Irak. Ce mardi, ils ont pris le contrôle de la deuxième ville du pays, Mossoul, sa province et des parties de deux provinces proches. Les centaines de rebelles armés ont pris le siège du gouvernorat, les prisons et les télévisions. Selon un responsable, "des membres de l'armée et de la police ont ôté leurs uniformes " pour fuir. Un officier de haut rang confirmant, que "toutes les unités militaires ont quitté Mossoul et les habitants ont commencé à fuir ". Un journaliste de l’AFP a constaté que des commerces, un commissariat et des véhicules des forces de l’ordre avaient été brûlés. Les djihadistes avaient déjà pris le contrôle de Fallouja et plusieurs autres secteurs.

Une "détérioration " de la situation qui "inquiète " le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Les Etats-Unis ont quant à eux qualifié l'Etat islamique en Irak et au Levant (organisation de rebelles sunnites) de "menace pour la stabilité (...) de toute la région ". Ils disent suivre de très près la situation dans pour autant vouloir intervenir militairement. "Nous sommes en contact avec les dirigeants irakiens mais au bout du compte, c'est au gouvernement et aux forces irakiennes de faire face ", a indiqué le porte-parole du Pentagone.

Armer les civils

La fuite des militaires signifie pour le professeur de sciences politiques Aziz Jabr que les forces armées ont été "infiltrées " par les rebelles. La chute de telles régions constitue pour lui "une menace dangereuse ". Si les djihadistes ont déjà pris le contrôle de certaines villes, c'est la première fois qu'ils prennent toute une province.

Pour faire face à cette avancée sunnite, le gouvernement chiite de Nouri al-Maliki a décidé d’armer les citoyens prêts à combattre les insurgés. Le gouvernement a annoncé "une cellule de crise pour superviser le volontariat et l'armement " des citoyens prêts à combattre l'insurrection, et sa décision de "réorganiser " les forces de sécurité.

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