Huit exécutions pour trafic de drogue en Indonésie

Huit personnes condamnées à mort pour trafic de drogue, dont sept étrangers, ont été fusillées peu après minuit, heure locale. Des exécutions confirmées ce mercredi matin par le procureur général. Une Philippine a été épargnée à la dernière minute. Le Français Serge Atlaoui, également condamné à mort pour trafic de drogue, a obtenu un sursis pour des raisons qui demeurent confuses.

(Réaction après le report de l'exécution de la Philippine Mary Jane Veloso © REUTERS/Erik De Castro)

"Tous les huit ont été exécutés à la même seconde, à 00h35 locales ", a déclaré ce mercredi matin à la presse le procureur général indonésien sur l'île prison de Nusakambangan, dans le centre de Java. "Nous menons une guerre contre les horribles crimes liés à la drogue qui menacent la survie de notre nation" s'est justifié Muhammad Prasetyo. "Nous ne faisons pas des ennemis de pays d'où venaient les exécutés. Nous luttons contre les crimes liés à la drogue."

"Les condamnés ont pu choisir s'ils souhaitaient rester debout,  s'asseoir ou se mettre à genoux..." a raconté la correspondante de France Info en Indonésie Marie Dhumieres.

"Au signal du commandant qui a baissé son sabre, les condamnés ont été fusillés" (Marie Dhumieres)
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Les personnes exécutées sont deux Australiens, quatre Nigérians, un Brésilien et un Indonésien. Le Français Serge Atlaoui, également condamné à mort pour trafic de drogue, a obtenu un sursis pour des raisons qui demeurent confuses. Après ces exécutions, l'Australie a annoncé qu'elle allait rappeler son ambassadeur.

Deux Australiens font partie des condamnés exécutés cette nuit - Ils ont refusé de se faire bander les yeux raconte Caroline Lafargue
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L'exécution d'une Philippine reportée, selon le porte-parole du procureur

La mise à mort de la Philippine Mary Jane Veloso, une mère de famille arrêtée en 2010 après avoir été trouvée en possession de 2,6 kg d'héroïne dissimulés dans sa valise à son arrivée en Indonésie, a été reportée, a indiqué un porte-parole du bureau du procureur général. Ce report, a-t-il précisé, a été accordé parce qu'une femme passeur de drogue, s'est présentée à la police mardi aux Philippines.

Le gouvernement de Djakarta est resté sourd jusqu'au bout aux appels à la clémence du monde entier. Ces exécutions sont un nouvel exemple de la thérapie de choc que le nouveau président indonésien veut administrer à son pays pour lutter contre le fléau de la drogue, qui fait des milliers de morts chaque année.