Cet article date de plus de cinq ans.

Homosexuels en danger en Tunisie : "L'Etat entre dans le jeu des islamistes"

Hedhi Sahly est réfugié à Paris et va demander l'asile politique. En Tunisie, il est vice-président de "Shams" (soleil en arabe), la seule association LGBT reconnue, et est menacé de mort tous les jours.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
 (Le symbole de l'association tunisienne Shams, qui défend les droits LGBT © Sipa/Mohamed Hammi)

Depuis quelques jours, Hedhi Sahly respire. Ce jeune Tunisien, vice-président de l'association LGBT "Shams", est maintenant réfugié à Paris, où il va demander l'asile politique. Sa vie à Tunis est devenue trop dangereuse, avec des menaces de mort et humiliations quotidiennes. Il faut dire que l'homosexualité y est toujours passible de trois ans de prison. Hedhi Sahly a pris sa décision : il veut rester en France, mais il veut en profiter pour alerter les hommes politiques français.

Elodie Foret a rencontré Hedhi Salhy, vice-président d'une association LGBT en Tunisie, réfugié en France
écouter

Il y a deux jours, dans mon jardin, j'ai trouvé mon propre tee-shirt avec du sang. Un jour, à l'université, j'ai retrouvé ma voiture tabassée. Les pneus avaient été crevés avec un couteau et il y avait une inscription : 'La prochaine fois, le couteau sera dans ta tête'"

La vie d'Hedhi Sahly, comme celle des autres membres de Shams, a basculé fin novembre, quand un député islamiste a pris violemment la parole contre eux. Il les accusait entre autres de pervertir la jeunesse. Depuis, le gouvernement essaie de dissoudre l'association et refuse de protéger Hedhi et ses camarades.

"Il y a la société qui nous persécute mais il y a aussi l'Etat qui entre dans le jeu des islamistes fanatiques, qui incite à nous haïr, à nous persécuter. Et là c'est grave."

Aujourd'hui Shams appelle à manifester pour défendre le jeune Marwen, 22 ans, un étudiant  jugé en appel, accusé d'être homosexuel.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.