Cet article date de plus de six ans.

La Grèce va-t-elle accueillir 25 millions de touristes en 2015?

Alors que toute l’économie grecque semble paralysée par l’absence de liquidités et le blocage des négociations avec l’UE et les autres créanciers du pays, le tourisme semble être le seul secteur à ne pas être en panne. Au contraire, puisque la Grèce envisage d’atteindre les 25 millions de touristes en 2015.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Plage sur l'île de Zakinthos dans les îles ioniennes. (JEREMY LIGHTFOOT / ROBERT HARDING PREMIUM / ROBERT HARDING)

Pour 2015, les professionnels grecs du tourisme tablent sur un nouveau record de 22,5 millions de visiteurs sur l'année, auxquels s'ajouteraient 2,5 millions de croisiéristes. Un chiffre impressionnant quand on sait que la population grecque ne dépasse pas les 11,5 millions d’habitants. Une croissance qui semble confirmée par les chiffres français. «Selon le dernier baromètre Snav-Atout France, les réservations vers la Grèce étaient en hausse de 17% en février dernier», note lEcho Touristique.

L’objectif des 25 millions de touristes en 2015 doit cependant encore être confirmé, «sachant que le mois de mars par exemple a été plutôt négatif», a déclaré à la radio Skai le président de la Confédération du tourisme grec, Andreas Andreadis, cité par Tourhebdo.

Une année 2014 record
En 2014, la Grèce avait accueilli quelque 22 millions de touristes. Un record et une manne qui représentent quelque 16% du PIB grec. L'écrasante majorité d'entre eux (88,4%) vient d'Europe, les Allemands en tête (11,2%), suivis des Britanniques (9,5%), des Bulgares (7%), des Français (6,6%) et des Russes (5,7%).

Le nombre de touristes bulgares a considérablement augmenté en 2014 (121,8%), dépassant le nombre de touristes français. Le nombre de Russes a en revanche baissé de 7,6% en raison notamment des difficultés économiques du pays et de la chute du rouble. 

Le monastère de l'île d'Amorgos dans les Cyclades. C'est ce monastère qui apparaît dans le film de Luc Besson «Le Grand Bleu». (GARCIA Julien / hemis.fr)

Une situation internationale favorable
Le succès de la saison devrait être dopé par la situation internationale. Des pays concurrents de cette destination, comme la Tunisie, devraient, eux, voir le nombre de touristes régresser. Selon une enquête réalisée par l’Echo touristique, «45% des professionnels ont enregistré des annulations sur la Tunisie suite à l'attaque terroriste à Tunis, alors que 35% n'en déplorent pas, et 20% sont sans opinion».

L’incertitude pèse aussi sur le tourisme en Turquie qui prévoit une baisse de la croissance du nombre de visiteurs, notamment en raison de la situation en Russie.

Des incertitudes économiques
Malgré les bons chiffres et des éléments positifs, des incertitudes semblent cependant peser sur le début de la saison touristique. Le soleil garanti et la beauté des paysages ont du mal à lutter contre les mauvaises nouvelles qui tournent autour du pays. Le président de l’Union des hôteliers d’Héraklion (Crète), Nikos Chalkiadakis, note surtout «une diminution des réservations en provenance d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Les demandes venant de France et d’Italie restent positives», rapporte Tour Hebdo
 
«Nous assistons à un ralentissement dans certains marchés, en particulier en Allemagne», reconnaît Andreas Andreadis, président de l'Association des entreprises touristiques grecques, ou SETE, cité par Bloomberg. En revanche, corrige-t-il, «les réservations ont mieux tenu au Royaume-Uni et aux Etats-Unis». L’objectif des 25 millions, lui, semble cependant difficile.

Parmi les (nombreuses) craintes qui pèsent sur le tourisme (risque d'instabilité sociale, économique ou monétaire), il y a celles qui pèsent sur la fiscalité, notamment dans les îles de la mer Egée. «D’après la presse grecque, le gouvernement d’Alexis Tsipras envisage plusieurs options: soit une unification de la TVA à 15% dans tout le pays sur tous les produits (sauf les médicaments, les journaux et la nourriture), soit l’augmentation de la TVA dans les îles de la mer Egée afin d’uniformiser les taux avec ceux du continent. Mais les créanciers de la Grèce font également pression pour augmenter la TVA sur les hôtels de 6,5% à 13%». Or, à quelques semaines de la pleine saison, difficile de bouger les prix…
 
L'incertitude contre le soleil et la mer... Même si le chiffre des 25 millions de visiteurs n'est pas atteint, le tourisme reste une source de revenus indispensable pour le pays. «Outre le fait qu’elle puisse être une destination refuge, les clients ont retrouvé l’envie d’aller en Grèce», estime Jean Brajon, le DG du tour opérateur Heliades, dont le groupe enregistre une progression de ses réservations de 40% sur cette destination. 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Grèce

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.