Hausse de la TVA, réforme des retraites et privatisations : les propositions de la Grèce à ses créanciers

Athènes a envoyé de nouvelles propositions à Bruxelles, jeudi, peu après 22 heures. Il s'agit d'obtenir un financement de 53,5 milliards d'euros d'ici juin 2018.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors du sommet de la zone euro, à Bruxelles (Belgique), le 7 juillet 2015.
Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors du sommet de la zone euro, à Bruxelles (Belgique), le 7 juillet 2015. (FRANCOIS LENOIR / REUTERS)

Les propositions sont sur la table. Dans le nouveau document envoyé à Bruxelles, jeudi 9 juillet, la Grèce propose une hausse de la TVA, des coupes dans le budget de la Défense ainsi que des réformes sur les retraites et dans la fonction publique, détaille le site de Naftemporiki. Athènes a envoyé ces propositions à Bruxelles, jeudi, peu après 22 heures.

Pour la Grèce, l'objectif est de consentir des efforts en l'échange d'un financement de 53,5 milliards d'euros d'ici juin 2018 pour couvrir les obligations liées à ses prêts. Francetv info vous détaille quelques mesures proposées par Athènes pour y parvenir.

Une réforme de la TVA

Dans les points qui coincent depuis le début des négociations entre Athènes et ses créanciers, la refonte de la TVA était un gros morceau. Dans les dernières propositions d'Athènes, la réforme de la taxe sur la valeur ajoutée pourrait rapporter 1% de PIB à la Grèce, comme le souhaitaient les créanciers.

Concrètement, le gouvernement grec propose d'unifier la TVA avec un taux standard à 23%, y compris pour la restauration. Les aliments de base, l'énergie, les hôtels et l'eau bénéficieraient d'un taux à 13%. Enfin, un taux réduit à 6% serait accordé pour les produits pharmaceutiques, les livres et le théâtre.

Le gouvernement propose également la suppression de la TVA allégée dans les îles, à commencer par les îles les plus riches et touristiques, comme le souhaitaient les créanciers. Cette suppression va commencer en octobre et sera faite graduellement pour s'achever d'ici la fin 2016.

Une réforme des retraites

La Grèce propose d'achever la dernière réforme des retraites de 2010 et d'aller plus loin avec une nouvelle réforme. Le point essentiel de celle-ci vise à réduire au maximum les départs à la retraite anticipée. Pour cela, le gouvernement compte sur un système de pénalités.

L'âge du départ à la retraite est fixé à 67 ans ou 62 ans avec quarante ans de travail, sauf pour les personnes exerçant un métier pénible ou les mères élevant des enfants souffrant de handicap. L'âge du départ à la retraite doit être relevé graduellement d'ici à 2022.

Des coupes dans le budget de la Défense

La Grèce propose de tailler sévèrement dans le budget de sa Défense, avec des coupes de 300 millions d'euros en deux ans. Il s'agit d'économiser 100 millions d'euros en 2015 et 200 millions d'euros en 2016.

Des mesures fiscales

De nombreuses mesures fiscales techniques sont prévues. Les agriculteurs devraient subir ces nouvelles mesures d'austérité, avec notamment une baisse des subventions sur le diesel. Athènes prévoit une hausse des impôts de 26 à 28% sur les sociétés. Les armateurs seront davantage taxés. Il est également proposé de relever immédiatement les taxes sur les produits de luxe et la publicité à la télévision. 

Mais le dispositif le plus important concerne la lutte contre la fraude fiscale : un nouveau plan doit être présenté d'ici la fin du mois de juillet. Il devrait notamment proposer de définir plus précisément le statut d'agriculteur et d'introduire une loi pénale sur l'évasion fiscale et la fraude. Le système de collecte des impôts doit être réorganisé.

Un programme de privatisations

Athènes compte relancer le programme de privatisation d'entreprises publiques, gelé par Alexis Tsipras à son arrivée au pouvoir. Les aéroports régionaux et les ports du Pirée et de Thessalonique sont notamment concernés, tout comme la compagnie qui gère le réseau électrique.