DIRECT. Grèce : les banques resteront fermées jusqu'à mercredi

Les banques grecques, en manque de liquidités, sont fermées depuis le 29 juin et les retraits aux distributeurs sont limités à 60 euros par jour.

Des Grecs attendent de pouvoir retirer de l\'argent à un distributeur automatique de billets, le 8 juillet 2015, à Athènes (Grèce).
Des Grecs attendent de pouvoir retirer de l'argent à un distributeur automatique de billets, le 8 juillet 2015, à Athènes (Grèce). (SAKIS MITROLIDIS / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Les dirigeants de la zone euro ont conclu, lundi matin, un marathon de négociations par un accord unanime sur un plan de sortie de crise en Grèce. En début d'après-midi, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu'elle maintenait au niveau actuel ses prêts d'urgence (ELA) en faveur des banques grecques. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé une prolongation de la fermeture des banques.

Une réouverture des banques jeudi ? Deux semaines après la mise en place du contrôle des capitaux, Athènes a décidé de prolonger cette mesure jusqu'à mercredi. Les banques grecques, en manque de liquidités, sont fermées depuis le 29 juin et les retraits aux distributeurs sont limités à 60 euros par jour.

Un "combat juste" pour un "accord difficile". Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a déclaré que son gouvernement avait "livré jusqu'au bout un combat juste", qui a débouché sur un "accord difficile", mais qui garantit la "stabilité financière" de la Grèce et la relance de son économie.

La France salue "une décision historique". "C'est une victoire pour l'Europe", a jugé le Premier ministre, Manuel Valls, sur BFMTV, soulignant le rôle de médiateur joué par le chef de l'Etat français. Plus tôt, François Hollande a, lui, salué "une décision historique", insistant sur "le choix courageux" du Premier ministre grec.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #GRECE

22h49 : Un peu plus de la moitié des Allemands (52%) soutiennent le troisième plan d'aide financière à la Grèce, à en croire ce dernier sondage pour la première chaîne publique allemande, ARD. Interrogés sur les réformes et les coupes budgétaires qu'Athènes devra mettre en oeuvre, 57% estiment qu'elles ne sont pas adéquates et 22% les jugent insuffisantes. Seuls 13% les jugent trop draconiennes. Et près de quatre Allemands sur cinq ne font pas confiance à la Grèce pour mettre en œuvre ces réformes.

22h26 : La voie n'est encore pas totalement libre pour le troisième plan d'aide à Athènes, très laborieusement négocié ce week-end entre la Grèce et ses partenaires européens. Huit Parlements de la zone euro doivent donner leur aval. Le Bundestag allemand devra même se prononcer deux fois. Voici le calendrier.

(FRANCE 2)

21h43 : "En réalité, la Grèce a accepté cette nuit une mise sous tutelle financière, administrative et politique. C'est un transfert de souveraineté sans précédent qui a été obtenu d'Athènes, en contrepartie de son maintien dans l'euro"

François Lenglet, éditorialiste à France 2 et spécialiste des questions économiques, a répondu à vos questions dans ce direct. Retrouvez son analyse, après l'accord arraché ce matin à Bruxelles, dans cet article.

21h26 : "Cet accord, c'est la catastrophe ! La Grèce est humiliée. Nous sommes humiliés." L'essentiel des mesures contre lesquelles ils s'étaient érigés ont été validées par Alexis Tsipras, au sein de l'accord conclu lundi matin avec l'Eurogroupe. Notre journaliste Ariane Nicolas a rencontré, à Athènes, ceux qui ont dit "oxi".




(PETROS KARADJIAS/AP/SIPA / AP)

20h35 : @anonyme : Beaucoup moins que par le passé. Selon une étude citée par BFM Business, les banques françaises ne sont plus exposées qu'à hauteur de 1,45 milliard d'euros, très loin derrière les banques allemandes, américaines et britanniques. Quasiment aucune risque de voir votre banque couler, donc.

20h34 : On dit que des banques françaises sont très impliquées en Grèce, ce risque est-il toujours d'actualité ?

20h32 : Après l'accord arraché à Bruxelles, ce matin, la Maison Blanche salue un pas en avant important, une "étape crédible", selon le porte-parole Josh Earnest.

20h00 : Elu en promettant de lutter contre l'austérité, Alexis Tsipras a dû consentir à une série de réformes pour finalement trouver un accord avec les créanciers de son pays. Francetv info revient sur le revirement du leader de Syriza.



(KOSTIS NTANTAMIS / AFP)

19h50 : Selon lui, l'Eurogroupe est "complètement" contrôlé par l'Allemagne. Une semaine après sa démission, l'ancien ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, lève le voile sur les derniers mois de négociations européennes. "Nous avons été piégés", assure-t-il. Le détail, dans notre article.

19h18 : @Eddycorfou1965 : Nous n'avons pas encore le détail, mais la TVA dans les îles grecques a fait l'objet d'âpres négociations. Jusqu'à présent, les îles bénéficiaient de taux de TVA réduits d'environ 30% par rapport au continent, car les marchandises, arrivées par bateau, coûtaient plus cher. Ces taux réduits devraient disparaître.

19h13 : Quel est le pourcentage de la TVA pour les îliens en Grèce ?

19h09 : "La réalité, c'est que les Grecs passent à l'abattoir", résume la présidente du Front national. Marine Le Pen dénonce avec véhémence l'accord sur un troisième plan d'aide accordé à la Grèce.

(BFMTV / YOUTUBE)

18h59 : L'ancien ministre du Budget a estimé que l'accord entre Bruxelles et Athènes avait été trouvé grâce au président des Républicains. Une phrase vite détournée sur le web, avec le hashtag #cestunpeugraceasarkozy





(JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

18h49 : @RV : D'après les termes de l'accord arraché ce matin à Bruxelles, le fonds indépendant qui doit être créé pour mettre en œuvre le programme de privatisations sera basé en Grèce et sera géré par les autorités grecques, mais tout se passera sous la "supervision" des autorités européennes, comme nous l'expliquons dans cet article.

18h42 : Si des entreprises grecques sont privatisées, comment les appels d'offres seront-ils encadrés ? Est-ce l'Europe ou la Grèce qui s'en occupera ?

18h39 : Les Bourses mondiales affichent leur soulagement, après l'accord arraché entre la Grèce et ses créanciers. La Bourse de Paris a ainsi clôturé sur une hausse de 1,94%, celle de Londres de 0,97% et celle de Francfort de 1,49%. Madrid a pris pour sa part 1,70% et Milan 1%.

18h31 : Le syndicat grec Adedy appelle à une grève, mercredi, jour probable du vote au Parlement des nouvelles mesures de rigueur décidées ce matin à Bruxelles, en échange d'un nouveau prêt sur trois ans à la Grèce.

18h24 : Le syndicat des fonctionnaires appelle à une grève de 24 heures, mercredi.

18h17 : Ce chat est désormais terminé, merci à tous pour vos questions ! J'espère avoir répondu aux principales. Bonne soirée !

18h16 : @Hugopresse : Le principal obstacle est en Allemagne et dans les pays du nord de l'Europe, qui considèrent qu'il faut respecter les règles, à commencer par les engagements financiers. Si on rompait avec ce principe dans le cas de la Grèce, disent-ils, d'autres pourraient faire les mêmes demandes et compromettre tout l'édifice financier commun, c'est-à-dire la monnaie unique.

Ils s'accrochent donc à ce principe, au mépris de l'évidence : la charge de la dette grecque est trop importante pour une économie aussi faible. La faillite d'un Etat, à l'échelle de l'histoire économique, est du reste un événement relativement fréquent. L'Allemagne elle-même a bénéficié de deux remises de dettes au vingtième siècle, et la Prusse d'une autre au dix-neuvième.

18h13 : On dit actuellement que la dette grecque est impayable. Pourquoi alors ne pas annuler les dettes ?

18h13 : Elle est de plusieurs ordres, @Lino. D'abord, par le fait que les Européens ont obtenu un contrôle a priori sur les futures législations grecques. Ensuite, par le fait que les Européens préemptent les futures recettes des privatisations.

Jusqu'ici, la troïka n'avait fait que s'assurer du respect des programmes négociés par les autorités politiques et les organismes internationaux.

18h14 : La mise sous tutelle administrative, politique et financière de la Grèce existait depuis 5 ans, avec la Troika. Pourquoi parlez-vous aujourd'hui d'un cas "sans précédent" ? Qu'y a-t-il de nouveau ? En quoi consiste l'aggravation ?

18h11 : @anonyme : En principe, si. Mais sur la durée, on peut espérer qu'avec de l'inflation et de la croissance, lorsqu'elle retrouvera l'une et l'autre, la Grèce verra le montant relatif de ses dettes chuter. L'inflation est une façon de rogner progressivement la valeur des dettes, c'est un défaut qui ne dit pas son nom.

18h10 : La Grèce n'est-elle pas condamnée à rembourser ses intérêts d'emprunts ad vitam aeternam avec ce mécanisme ?

18h13 : @anonyme : C'est à double tranchant. Il y a bien sûr un risque financier élevé, mais un avantage géopolitique qui est également important : une Grèce isolée et effondrée risquerait de déstabiliser l'Europe du Sud-Est, avec tous les cortèges de désastres que l'on a pu connaître dans le passé.

C'est cet argument qui a conduit les responsables français à favoriser une solution cette nuit.

18h07 : Existe-il vraiment un intérêt économique à ce que la France soit aussi insistante à ce que la Grèce reste dans la zone euro ?N'est-ce pas à double tranchant pour nous si à terme la Grèce ne parvient pas à honorer ses engagements ?

18h07 : #LENGLET @Clo2 : L'euro a bien sûr des coûts élevés pour un pays participant, vous les avez évoqués. Mais il a aussi des avantages plus ou moins forts selon les pays. L'avantage principal est le prolongement du marché unique européen.

Il est clair que cet avantage est faible pour la Grèce au regard des coûts. En Italie, l'avantage est net pour la moitié nord où les entreprises sont compétitives, et en revanche très faible pour la moitié sud. En France, le bénéfice est réel pour les régions et les secteurs exportateurs.

18h03 : Au point où nous en sommes, perte de souveraineté d'un Etat, perte de cohésion entre les Etats de la zone euro, main-mise de l'Allemagne sur des pays satellites, euro trop fort pour un tiers des pays de la zone, ne doit-on pas souhaiter la fin de l'euro et le retour aux monnaies nationales ?

18h03 : @Ltd.Noige : Un fait est sûr : au sein de l'union monétaire, les gouvernements suivent des politiques similaires quelle que soit leur couleur politique. Le cadre global est relativement contraignant, et il a réduit les marges de manœuvre nationales, et donc les marges de manœuvre politiques des gouvernements élus. C'est un peu comme un règlement de copropriété assez contraignant.



Pour autant, il existe quand même des nuances : on peut par exemple améliorer le déficit budgétaire en augmentant les impôts ou en diminuant les dépenses.

17h59 : Suite à cet accord, sommes-nous condamnés à subir une politique de droite, d'austérité ? Même si on choisit, élit un gouvernement de gauche ?

17h59 : Formellement, rien, @bou. La Banque centrale va continuer à acheter les dettes souveraines des pays de la zone dans le cadre du programme lancé en mars dernier. Chacun des Etats va de son côté conserver son cadre budgétaire national.

18h01 : Qu'est-ce qui va changer dans la politique de gestion des dettes européennes après cet accord ?

17h57 : @Fawzi : Il n'y a pas de protection absolue contre une crise de ce genre. Le fédéralisme serait bien sûr le moyen de l'éviter, mais les conditions politiques de transferts de souveraineté majeurs ne me semblent pas réunies. Au contraire, dans la plupart des pays de la zone euro, le nationalisme progresse. Et la plupart du temps, quand les électeurs sont consultés, ils refusent ces transferts.

17h57 : Supposons que cette crise soit résolue. Comment se prémunir contre une autre crise similaire dans l'avenir tant que l'Europe n'est pas fédérale comme les USA ?

17h55 : #LENGLET @Michel : Le Grexit est probablement différé, mais personne ne peut jurer qu'il ne se produira pas, car la clé pour l'éviter serait le retour de la croissance et la baisse du chômage, et il est peu probable que ce troisième plan parvienne à ces objectifs.

17h54 : Est-ce que le Grexit est complètement éloigné ou est-il reporté tant que la crise grecque ne sera pas vraiment réglée ?

17h54 : @anonyme : C'est très probable qu'il faille un quatrième, et peut-être un cinquième plan, car l'euro est une monnaie trop forte pour l'économie grecque. Conserver la Grèce dans l'euro, c'est donc admettre la nécessité de transferts financiers réguliers, quand bien même les Grecs auraient fait tous les efforts souhaitables pour remettre en ordre leurs comptes.

17h53 : Pensez-vous que les Grecs vont pouvoir remonter la pente avec ces nouvelles dispositions ? A mon avis non. Il faudra sûrement recommencer à les aider.

17h52 : Si, @jm, c'est exactement le mot. Ce montant n'a aucune chance d'être atteint dans un délai raisonnable. C'est une garantie en chocolat, qui a été imposée par l'Allemagne en contrepartie de ce nouveau plan d'aide.

17h52 : Compte tenu du rythme des privatisations depuis le début de la crise (6 milliards d'euros, dont seulement 3 milliards d'euros décaissés), un montant de 50 milliards d'euros d'actifs privatisables n'est-il pas une farce ?

17h53 : @anonyme : Le problème fiscal de la Grèce, c'est qu'il n'y a ni Etat ni administration qui fonctionne. Jusqu'à l'euro, les problèmes étaient réglés par la dévaluation de la monnaie, qui permettait de rétablir la compétitivité du pays. Dans une économie où l'Etat est faible, et où le dialogue social est inexistant, on règle bien souvent les problèmes par la dévaluation. Dévaluation qui est évidemment aujourd'hui interdite par l'appartenance à l'union monétaire.

Il faudrait donc que les Grecs construisent un Etat et changent leur culture. Si même c'était possible, ce serait l'affaire d'une génération au moins. La seule expérience comparable a été l'annexion de l'Allemagne de l'Est par celle de l'Ouest, qui a coûté extrêmement cher et où, de surcroît, la langue et la culture étaient identiques. Mais même dans ce cas-là, au bout de 25 ans, la transition n'est pas terminée.

17h48 : Est-ce que les Grecs comprennent que pour faire repartir leur économie il faut arrêter de travailler au noir et payer leur impôt ?

17h47 : @Anonyme : Entre 1999, date du début de l'union monétaire, et 2008, début de la crise, l'Europe a vécu dans une sorte d'inconscience, où on imaginait que tous les pays convergeraient vers un même modèle. C'était une illusion que la crise a dissipée.

Il y a eu un aveuglement collectif de la part des gouvernements, des économistes, des journalistes, des marchés financiers. Ils n'ont pas vu que le calme des années 2000 était tout à fait exceptionnel. La prise de conscience n'est arrivée que trop tard. Cet aveuglement ressemble à celui que les Etats-Unis ont connu sur un autre sujet financier : les subprimes et les crédits immobiliers. C'est la plus vieille histoire du monde : celle des bulles financières, où le sens commun est oublié, jusqu'au rappel brutal à la réalité.

17h44 : Comment a-t-on pu laisser un pays s'enfoncer si profondément dans cette crise sans lui demander des réformes structurelles plus tôt ?

17h44 : C'est une question intéressante, . C'est en effet comme cela que pourrait fonctionner un Etat fédéral. Mais remarquez bien que, tant aux Etats-Unis qu'en France, les régions déshéritées reçoivent de l'argent du gouvernement, mais en contrepartie ont renoncé à une grande part de leur souveraineté.

C'est le problème en Europe : la Nation reste le cadre premier de la vie politique, et on voit mal comment il pourrait disparaître dans un futur proche. Plus de solidarité financière implique obligatoirement davantage de contrôle de la part du "centre". Sommes-nous prêts à un tel transfert ? Je n'en suis pas sûr.

17h41 : Pourquoi l'Europe ne peut-elle pas fonctionner avec des Etats riches et très industrialisés et des Etats pauvres et très touristiques en créant un équilibre, comme la France avec ses départements pauvres et riches, les USA avec aussi leurs Etats riches et pauvres ?

17h41 : #LENGLET @PP : Pour partie, c'est vrai, surtout dans les années 2000, lorsque la Grèce a vécu au-dessus de ses moyens. Elle a par exemple acheté des voitures allemandes, des armes allemandes également. Mais depuis la crise, la plupart de ces flux s'est interrompue.

17h42 : Les entreprises allemandes n'ont-elles pas été les gagnantes de tous ces prêts européens ?

17h38 : #LENGLET @Anonyme : A court terme, l'accord ne coûte rien. Mais nous avons accordé des garanties à la Grèce qui peuvent se traduire, si la Grèce ne rembourse pas, par une charge financière pour la France qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliards d'euros. Nous nous sommes portés caution pour la Grèce à hauteur d'un peu moins d'un cinquième des prêts européens.