Dette grecque : "Une sortie brutale et non négociée de l'euro serait catastrophique", selon François Lenglet

L'éditorialiste de France 2 a répondu à vos questions sur la crise européenne au lendemain du référendum en Grèce.

Des drachmes, l\'ancienne monnaie grecque, et des euros.
Des drachmes, l'ancienne monnaie grecque, et des euros. (DENIS CHARLET / AFP)

Après le "non" au référendum, la Grèce s'enfonce un peu plus dans sa crise de la dette. Le pays est menacé de faillite, et les dirigeants de la zone euro, qui doivent se réunir en sommet à Bruxelles mardi 7 juillet, doivent se pencher sur une éventuelle "aide humanitaire" à apporter aux Grecs.

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Dans ce contexte, l'éditorialiste de France 2 François Lenglet a répondu, lundi, à vos questions sur la crise et ses éventuelles conséquences pour la France. 

Sur une sortie de la Grèce de la zone euro

Pour François Lenglet, la probabilité d'une exclusion de la Grèce de la zone euro reste "faible". "Celle d'une sortie délibérée de la Grèce est plus importante, mais à mon sens toujours minoritaire", explique-t-il. 

Quelles en seraient les conséquences pour le pays comme pour la zone euro ? "Tout dépend de la modalité de la sortie. Une sortie brutale et non négociée serait catastrophique pour les deux parties, alerte François Lenglet. Une sortie négociée aurait plus de chances de rétablir la situation économique grecque à condition toutefois que l'Europe continue à l'aider."

Sur la dette grecque

"La Grèce ne remboursera pas ses dettes." L'éditorialiste est catégorique, et insiste : "C'est très probable, car elle n'en a tout simplement pas la possibilité. Il faut se souvenir que la faillite d'un Etat est un évènement relativement banal dans l'histoire économique. L'Allemagne elle-même a vu sa dette allégée deux fois au cours du 20e siècle." 

Dans l'éventualité d'un non-remboursement, la France va-t-elle devoir assumer une partie de cette dette ? "La France a garanti à hauteur de 20% environ les prêts communautaires consentis à Athènes. Ce qui veut dire qu'en cas de non-remboursement, la France sera appelée à verser la somme qu'elle a garantie", explique l'éditorialiste.

"Cette somme est un peu supérieure à 40 milliards d'euros et représente environ 600 euros par Français. En bonne logique, il faudrait ajouter à cela les avances consenties par la BCE, qui sont en partie aussi garanties par la France, détaille François Lenglet. Si l'on additionne ces deux postes, on doit dépasser 1 000 euros par Français, qui dans le cas d'un défaut viendraient s'ajouter à la dette publique de notre pays."

Sur les risques de retombées pour la France 

La crise grecque risque-t-elle d'impacter la France ? "Si la Grèce restait avec un plan intégrant à la fois une remise sur la dette et une remise à flot de l'économie, ce serait positif pour nous. Tout comme une sortie 'coopérative', assortie d'un plan d'aide de l'Europe et d'une aide de la BCE", explique l'éditorialiste.  

"Les deux autres scénarios, c'est-à-dire la Grèce restant dans la zone euro, à condition inchangée, ou la sortie brutale, ne seraient pas très bons pour l'économie du continent." 

Doit-on s'attendre à une augmentation du taux d'emprunt de la dette française et donc des taux de prêt des banques ? "Pour l'instant, ce n'est pas ce que l'on constate : au contraire, les taux d'intérêts ont légèrement baissé. Mais il est clair que si la crise se prolongeait, ce serait un risque important", conclut l'éditorialiste.   

Retrouvez l'intégralité de ses réponses ci-dessous.