Gaza : des possibles crimes de guerre, selon l'ONU

Pour la première fois, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, évoque "une forte possibilité que le droit international humanitaire ait été violé, d'une manière qui pourrait constituer des crimes de guerre". John Kerry, arrivé à Jérusalem, estime que "quelques pas" ont été faits vers un cessez-le-feu.

(Navi Pillay, la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, aujourd'hui à Genève © REUTERS/Denis Balibouse)

C'était en ouverture d'une séance extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, ce matin à Genève :  "Il existe quelques exemples pour lesquels il semble y avoir une forte possibilité que le droit international et humanitaire a été violé, d'une façon telle qu'ils pourraient constituer des crimes de guerre" . Navi Pillay, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme met les pieds dans le plat. Avant de s'en prendre aux autres protagonistes de l'histoire : "Une fois de plus, les principes de distinction et de précaution ne sont pas clairement respectés durant les attaques sans discernement menées contre des zones civiles par le Hamas et d'autres groupes palestiniens armés" .

Israël a aussitôt rejeté ces accusations, et a accusé le Hamas de se servir de civils comme boucliers humains. Devant le Conseil, le représentant israélien a souligné le droit de son pays à la "légitime défense", et a accusé en retour le Hamas de commettre lui aussi des "crimes de guerre lorsqu'il tire des roquettes et missiles" sur les civils, "construit des tunnels pour attaquer des villages" et dissimule des munitions dans les écoles. Quant au ministre palestinien des Affaires étrangères , Riad Malki, il va plus loin : "Israël est en train de perpétrer des crimes odieux. Ce que fait Israël est un crime contre l'humanité."

Concrètement, ce Conseil se prononcera dans l'après-midi sur une résolution, proposée par les Palestiniens, qui condamne "les violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l'Homme et des libertés fondamentales". Qui demande une enquête internationale urgente sur l'offensive israélienne. Qui demande également de placer les Palestiniens sous "protection internationale immédiate".

"Quelques pas"  vers un cessez-le-feu

L'offensive diplomatique est, elle, menée aujourd'hui par John Kerry. Le secrétaire d'Etat américain est arrivé à Jérusalem, pour y rencontrer tour à tour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien.Juste avant de s'entretenir avec Ban Ki-moon, John Kerry a eu cette phrase devant les journalistes : "Nous avons certainement fait quelques pas, mais il reste du travail" . Et le secrétaire d'Etat d'ajouter, optimiste : "Nous unissons nos forces pour obtenir un cessez-le-feu aussi vite que possible, nous n'avons plus de temps à perdre, ni pour attendre".

Depuis le 8 juillet, l'opération a fait plus de 650 morts côté palestiniens, et 31 (dont 29 soldats) côté israélien. C'est le conflit le plus sanglant depuis 2009.