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Gaza : 27 Palestiniens tués, efforts en vue d'une trêve

Avec vingt-sept Palestiniens, dont une majorité de femmes et d'enfants, tués dimanche, la journée aura été la plus meurtrière depuis mercredi. Au cinquième jour de l'offensive israélienne sur Gaza, les efforts s'intensifient pour tenter de conclure une trêve avec le Hamas. Benjamin Netanyahu avait prévenu qu'Israël était prêt à "étendre significativement" ses opérations, en allusion à une offensive terrestre, le président américain Barack Obama et le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague semblaient tenter de l'en dissuader.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
 (Mohammed Salem Reuters)

Les sauveteurs dégagent à mains nues les corps des décombres du
bâtiment d'habitation, complètement rasé : "Le massacre
de la famille Dallou ne restera pas impuni
", avertissent les Brigades
Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement palestinien Hamas, au pouvoir
à Gaza..  La famille Dallou habitait l'immeuble
détruit dimanche après-midi par une frappe aérienne d'Israël. Ses trois étages
ont été détruits, dix Palestiniens, dont, parmi eux, quatre femmes et quatre
enfants, meurent dans l'explosion.

" Ce massacre prouve que l'occupant se venge sur les civils de son échec militaire. Les Israéliens vont payer "

Le décompte
macabre, à Gaza, continue
 : en fin d'après-midi, cinq hommes sont tués
dans une série de raids israéliens sur le nord et le centre du territoire
palestinien. Plus tôt, dans la matinée, six Palestiniens, dont un frère et une sœur
de trois et un an dans le nord. Un enfant de 18 mois, dans le centre. Et une
adolescente de 13 ans, trois femmes et deux hommes, dans un autre raid. "Ce massacre prouve que l'occupant se venge sur les civils de son échec militaire. Les Israéliens vont payer... ", menace un responsable du Hamas en évoquant les raids.

Au moins soixante seize tués depuis le début de l'offensive

Après le siège du gouvernement du Hamas, complètement détruit la
veille pendant la nuit
, l'aviation israélienne avait visé deux centres de
presse, en blessant au moins huit journalistes palestiniens. Côté israélien,
pour la quatrième journée consécutive, les sirènes d'alerte aérienne ont
retenti à Tel-Aviv : un peu plus tard, la police annoncera que deux roquettes
avaient été interceptées par le système antimissile "Iron Dome ".  Sept Israéliens sont blessés.

Depuis le déclenchement
mercredi de l'offensive israélienne "Pilier de défense " avec
l'assassinat d'Ahmad Jaabari, le chef des opérations militaires du Hamas, ce
sont 74 personnes qui ont été tuées. 73 Palestiniens (dont la moitié de civils),
trois Israéliens. Les trois Israéliens, des civils, ont péri jeudi dans un tir
de roquette sur leur immeuble dans le sud d'Israël.  Au moins 846 roquettes ont été tirées depuis
mercredi sur Israël, dont 302 ont été interceptées par le système antimissile. 

Eviter une opération terrestre

Même si Israël a mobilisé des milliers de réservistes et déployé
des transports de troupes blindés, des bulldozers et des chars près de la barrière
entre Israël et la bande de Gaza, l'imminence d'une
opération terrestre israélienne parait improbable pour le moment. D'autant que
la communauté internationale s'active par la voie diplomatique pour l'éviter à
tout prix. Ainsi, si le président américain Barack Obama a réaffirmé
qu'"Israël était en droit d'attendre que des missiles ne soient pas tirés
sur son territoire
",  il y ajoute que
"Si cela peut être accompli sans l'accroissement des activités militaires
à Gaza
", c'est "préférable ". Même son de
cloche à Londres, qui avait déjà prévenu qu'une opération terrestre pourrait
"coûter " à Israël "une grande partie " de son soutien
international.

La guerre doit être évitée et peut être évitée  "

En visite dimanche en Israël, le ministre français des Affaires étrangères
est arrivé pour proposer l'aide de la France en vue d'une trêve. "La
guerre doit être évitée et peut être évitée
", insistait ainsi Laurent
Fabius, qui a également rencontré à Ramallah le président palestinien Mahmoud
Abbas. Le ministre a notamment insisté sur le fait que la guerre n'était pas
une option, qu'il y avait "urgence " à intervenir pour obtenir une
trêve.

Son homologue israélien Avigdor Lieberman a assuré de son côté que
la seule condition d'une trêve était "que tous les groupes armés palestiniens
de Gaza stoppent leurs
tirs
". Entre-temps, un responsable israélien était dépêché dimanche au
Caire pour discuter d'une trêve. Côté Hamas, l'un des responsable du mouvement,
Ahmad Youssef, réclame "la levée du blocus injuste de Gaza et l'arrêt des fréquentes agressions et
assassinats israéliens
", des conditions a priori inconciliables avec
celles d'Israël. Pourtant, samedi, le président égyptien Mohamed Morsi s'était
montré optimiste, en évoquant notamment des contacts avec les deux camps et
"quelques indications sur la possibilité d'un cessez-le-feu bientôt ". 

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