François Hollande : "Si je suis élu, la justice ira jusqu'au bout sur toutes les affaires"

Dans une interview au JDD, le candidat socialiste annonce une moralisation de la vie politique. Il y expose également son ambition.

François Hollande, candidat PS à la présidentielle, lors d\'un meeting, le 13 avril 2012 à Chelles (Seine-et-Marne).
François Hollande, candidat PS à la présidentielle, lors d'un meeting, le 13 avril 2012 à Chelles (Seine-et-Marne). (PATRICK KOVARIK / AFP)

A une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, François Hollande se lance dans la dernière ligne droite. Quelques heures avant son meeting en plein air au chateau de Vincennes, une longue interview du candidat socialiste est publiée par Le Journal du Dimanche. Risque d'abstention, premières mesures, il y détaille les enjeux de l'élection et sa vision de son possible quinquennat. Particulièrement mise en avant, la question de la moralisation de la vie politique. Extraits :

• Sur les affaires : "Si je suis élu président de la République, la justice ira jusqu'au bout sur toutes les affaires. (...) Et si des élus, socialistes ou autres, sont condamnés pour des faits de corruption, ils ne pourront pas se présenter pendant dix ans. (...) Et une charte éthique évitant tout conflit d'intérêt sera édictée pour les membres du gouvernements et ceux des cabinets ministériels."

• Sur son entourage : "Je n'aurai pas autour de moi à l'Elysée des personnes jugées et condamnées. Je ne ferai aucun déplacement officiel en Afrique avec tel ou tel personnage controversé. Un président peut avoir des amis. Mais telle ne sera pas ma pratique.

• Sur l'abstention : "Tellement d’illusions ont été créées par le candidat sortant lors de la dernière présidentielle, au point que beaucoup d’électeurs se demandent si la politique peut encore changer les choses. Je veux montrer qu’un autre chemin est possible, fondé sur le respect des engagements et des citoyens."

• sur sa position de favori : "Imaginer l’élection déjà gagnée serait une faute politique et même morale ! (...) Néanmoins, j’assume, je suis prêt pour présider la France ! Les membres de mon équipe aussi, les premiers textes sont déjà élaborés. Ce n’est pas une anticipation, c’est un devoir. L’enjeu n’est pas simplement de sanctionner un sortant mais de réussir à relever notre pays dans un moment particulièrement difficile."

• Sur Jean-Luc Mélenchon : "Je n’ai pas de doutes sur la décision que prendra Jean-Luc Mélenchon avec le Front de gauche si je suis au second tour. Et je sais que ses électeurs voudront permettre un rassemblement victorieux. "

• Sur l'affaire Florence Cassez : "Il n’a jamais été question que Michel Vauzelle porte un message sur la situation de Florence Cassez. Je respecte l’indépendance de la justice mexicaine. Il n’y a jamais eu d’initiative parallèle."

Sur le traité européen : "Nous allons négocier pour le compléter, le préciser, l'améliorer. Nos partenaires européens en sont informés. (...) Je ne serai pas seul. Et le vote du peuple français pèsera, il est même éspéré par beaucoup !"

Sur le chômage : "Le chômage n'est pas une fatalité. J'inverserai la courbe. Avec des mesures de traitement social dans un premier temps, complétées par un plan de mobilisation de notre offre de production, notamment des PME."

François Hollande sera en meeting dimanche 15 avril au bois de Vincennes et prendra la parole vers 15h30. Quelques minutes avant Nicolas Sarkozy, qui rassemblera lui ses partisans place de la Concorde. Les deux partis ont affrêté bus et trains pour que les militants de toute la France puissent venir faire le nombre. Les candidats savent aussi c'est dans les images plus que dans les mots que se jouera ce dernier dimanche avant le premier tour.