Français otages au Sahel, une famille sort du silence : "Deux ans, cela devient insupportable"

Jusqu'à présent les familles des otages français détenus au Sahel depuis le 16 septembre 2010 sont restées discrètes pour éviter de gêner les négociations. Mais près de deux ans plus tard, la belle-mère de l'un d'eux témoigne dans l'espoir de faire avancer les choses.

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Jeudi cela fera 700 jours qu'ils sont retenus en otage dans le Sahel. Rappel des faits : le 16 septembre 2010, cinq Français sont enlevés avec un Togolais et un Malgache, à Arlit, dans le nord du Niger. Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique le rapt le 21 septembre. La Française Françoise Larribe, malade, et les otages malgache et togolais sont relâchés le 24 février 2011.

Restent donc quatre Français détenus, tous employés du groupe nucléaire Areva et de son sous-traitant Satom (filiale BTP pour l'Afrique du groupe Vinci). Parmi eux : Pierre Le Grand, 27 ans, originaire de Couffé en Loire-Atlantique, travaillant là-bas pour la filiale de Vinci. 

"Il faut sensibiliser l'opinion publique pour faire pression"

Depuis, leurs familles ont gardé le silence. "Cela fait bientôt deux ans et jusqu'à présent le mot d'ordre était à la discrétion, ce que les familles ont respecté ", explique la belle-mère de Pierre Le Grand, qui décide aujourd'hui de briser le silence. "Nous sommes dans une situation d'attente, nous n'avons aucune nouvelle, c'est une situation insupportable, nous attendons des preuves de vie ", ajoute-t-elle.

"Donc on espère qu'en faisant parler d'eux, ça va aider à faire bouger les choses, il faut sensibiliser l'opinion publique pour faire pression, pour avoir des nouvelles d'eux ", poursuit la belle-mère du jeune homme, indiquant que les familles sont en contact régulièrement avec le quai d'Orsay mais qu'aucune information neuve ne leur parvient. "Eux aussi ont besoin de ça, de savoir qu'on est derrière eux, si la moindre petite info peut passer par les ondes, ce serait bien pour eux d'avoir quelques nouvelles de nous... " conclut-elle.

Six Français détenus par Aqmi

Au début du mois de juillet, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius indiquait que "nous avons toutes les raisons de penser qu'ils sont en vie ". "Pour nous, tant qu'on ne les a pas vus, pas entendus, on est toujours dans la même attente ", répond la belle-mère.

En tout, six Français sont retenus par Aqmi au Sahel. Les deux autres ont été kidnappés le 24 novembre 2011 par des hommes armés dans leur hôtel à Hombori (nord du Mali) et emmenés vers une destination inconnue.