VIDEO. Hollande-Cameron, un an de piques et de coups bas

Alors que les deux chefs d'Etat se retrouvent jeudi et vendredi à Bruxelles pour un sommet sous haute tension, retour en images sur leur relation compliquée.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, et le président français, François Hollande, le 10 juillet 2012 à Londres.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, et le président français, François Hollande, le 10 juillet 2012 à Londres. (CHESNOT / SIPA)

François Hollande contre David Cameron. C'est l'une des principales affiches du sommet européen sur le budget 2014-2020 qui s'est ouvert jeudi 7 février à Bruxelles (Belgique). Partisan, comme la chancelière allemande Angela Merkel, de coupes importantes dans le budget européen, le Premier ministre britannique sera l'un des principaux adversaires du président français, qui veut privilégier la relance de la croissance. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes s'affrontent. Francetv info revient en images sur cette rivalité politique.

Le soutien à Nicolas Sarkozy

Avant même l'élection de François Hollande, les deux hommes marquent leur distance. David Cameron, chef du parti conservateur britannique, soutient naturellement Nicolas Sarkozy contre François Hollande, en souhaitant "bonne chance" au président sortant le 17 février 2012 à l'Elysée.

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En mars, le Premier ministre britannique figure dans la liste de dirigeants européens qui, selon Der Spiegel, se seraient entendus pour boycotter le candidat socialiste à la présidentielle. L'hebdomadaire allemand explique que les déclarations de François Hollande sur la renégociation du pacte fiscal européen ne passent pas. Angela Merkel comme David Cameron démentent fermement cette information, sans pour autant recevoir le Français pendant la campagne.

Taxe à 75% et tapis rouge

Un mois à peine après la présidentielle, David Cameron s'en prend directement à la politique fiscale du nouveau président français le 18 juin, en marge du sommet du G20. "Si les Français appliquent vraiment cette tranche d'impôts à 75%, nous déroulerons le tapis rouge aux entreprises françaises qui viendront payer leurs impôts en Grande-Bretagne", lance-t-il, en référence à l'une des promesses de campagne emblématique de François Hollande.

"A la différence d'autres, je ne veux mettre personne en difficulté", répond l'intéressé, visiblement agacé. Son ministre du Travail, Michel Sapin, se charge de la riposte.

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Le 11 juillet, pour sa première visite officielle au Royaume-Uni, le président français calme le jeu. "J'étais très heureux qu'on puisse m'offrir un tapis", assure François Hollande, précisant qu'il adore "l'humour britannique".

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Concours de médailles aux Jeux olympiques

Le 31 juillet, lorsque le président français se rend à Londres pour assister aux Jeux olympiques, la France, portée par son équipe de natation, devance le Royaume-Uni au classement des médailles. Au club France, François Hollande ironise sur le "tapis rouge" déroulé aux athlètes français par les Britanniques.

Une semaine plus tard, David Cameron prend sa revanche. Les épreuves d'athlétisme et de cyclisme sur piste permettent au Royaume-Uni de passer devant la France. Les cyclistes britanniques raflent la quasi-totalité des médailles, au grand dam des pistards français habitués à briller dans la discipline.

Invité du journal de 20h de France 2, le Premier ministre britannique savoure ce triomphe en ironisant sur les soupçons de triche émis par les Français. "Je comprends que pour la France, qui est une grande nation de vélo, cela soit un peu dur", s'amuse Cameron. Les Britanniques termineront 3e des Jeux, la France 7e.

France 2

Le budget européen

Les deux hommes se retrouvent en novembre à Bruxelles pour le début des négociations sur le budget européen 2014-2020. Tout en conservant son rabais de plus de 3 milliards d'euros obtenu en 1984, le Britannique demande que l'Union européenne procède à des coupes budgétaires.

"Je ne peux pas accepter que des pays qui sont les plus riches de l'UE viennent demander des chèques, des ristournes et des rabais", tacle le Français, qui souhaite préserver le budget de la PAC dont la France est le premier pays bénéficiaire. David Cameron contre-attaque en fustigeant ceux qui refusent de faire des économies. Le sommet se termine sur un échec des négociations, qui reprennent ce jeudi 7 février.

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Le référendum britannique sur la sortie de l'UE

Le 23 janvier 2013, David Cameron promet d'organiser un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Dans son allocution (à retrouver en intégralité ici en anglais), le Premier ministre britannique présente sa vision de l'UE, centrée sur le marché unique. "Certains pays envisagent une plus grande intégration économique et politique. Et beaucoup d'autres, dont le Royaume-Uni, ne poursuivront jamais cet objectif", explique-t-il.

La riposte de François Hollande se fait en deux temps. Le jour même à Grenoble (Isère), il critique la forme, l'ultimatum lancé par David Cameron. "On peut faire évoluer l'Europe demain, mais on ne peut pas l'abaisser, la diminuer au prétexte de proposer d'y rester", estime le président français.

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Devant le Parlement européen le 5 février 2013, il répond au Premier ministre britannique sur le fond. "L'Europe ne peut pas se contenter d'être un marché", déclare François Hollande, critiquant en creux l'égoïsme de la Grande-Bretagne accusée de venir "chercher dans l'Union ce qui lui serait utile pour elle, et pour elle seule".

Deux exceptions : le Mali et le mariage des homos

Parfois, les deux dirigeants tombent d'accord. Interrogé par un eurodéputé britannique le 5 février, le président français a salué le soutien apporté par David Cameron à l'intervention française au Mali. "Il a été le premier à proposer des avions et des matériels", a rappelé François Hollande, refusant de "caricaturer" le dirigeant britannique. "Par ailleurs, je constate que David Cameron est pour le mariage pour tous, ce qui facilite la discussion en France de ce sujet", a-t-il ajouté. Une accalmie de courte durée, puisque les deux hommes n'ont pas manqué de s'opposer à nouveau dès leur arrivée à Bruxelles jeudi.

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