En Géorgie, la police réprime violemment les manifestations opposés à une loi sur les "agents de l'étranger"

Des manifestants, des élus et des journalistes ont été pris pour cible par les policiers antiémeutes, dans la nuit de mardi à mercredi, à Tbilissi. Une soixantaine de personnes ont été arrêtées.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
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Des manifestants rassemblés devant le Parlement géorgien, à Tbilissi, le 1er mai 2024. (DAVIT KACHKACHISHVILI / ANADOLU / AFP)

Ils s'étaient réunis pour exprimer leur opposition à un projet de loi jugé liberticide. Un rassemblement devant le Parlement géorgien à Tbilissi a été violemment réprimé par la police, dans la nuit du mardi 30 avril au mercredi 1er mai. Des policiers antiémeutes masqués ont utilisé du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc contre la foule, témoigne un journaliste de l'AFP. Le député Levan Khabeichvili, président du principal parti d'opposition de l'ex-président emprisonné Mikheïl Saakachvili, a lui-même été violemment battu et a dû recevoir des soins.

Plusieurs journalistes ont également été pris pour cible, notamment un photographe de l'AFP qui a été frappé avec une matraque alors qu'il était clairement identifié comme reporter. Les chaînes de télévision locales ont diffusé des images montrant son visage marqué de coups. Au petit matin, les autorités géorgiennes ont annoncé l'arrestation de 63 personnes. Le ministère de l'Intérieur a assuré que les policiers avaient usé de la force de façon "légitime" car la manifestation était "devenue violente".

L'Union européenne condamne les violences

Le Défenseur des droits géorgien, Levan Iosseliani, a demandé l'ouverture d'une enquête sur l'utilisation d'une "force disproportionnée" contre les manifestants et les journalistes. Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a lui aussi "fermement condamné les violences" des forces de l'ordre, appelant les autorités à "garantir le droit de réunion pacifique"

Ces manifestants proeuropéens s'étaient réunis pour exprimer leur opposition à un projet de loi sur "l'influence étrangère", que le parti au pouvoir espère faire adopter d'ici à la mi-mai. Voté en en première lecture par le Parlement géorgien, le texte controversé déchire le pays : il obligerait toute entreprise ou association financée à plus de 20% par l'étranger à se déclarer. 

Selon ses détracteurs, le projet imite la loi russe sur les "agents de l'étranger" utilisée pour étouffer les voix dissidentes. L'actuel parti au pouvoir est accusé de vouloir ramener cette ex-république soviétique dans l'orbite de Moscou.

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