Une organisation italienne alerte sur les "polytraumatismes" des migrants

L'organisation italienne Médecins pour les droits de l'Homme (Medu), publie ce lundi un rapport sur la santé des migrants. Ils présentent tous ou presque, en arrivant sur les côtes européennes, de forts traumatismes indélébiles. L'organisation appelle les centres d'accueil européens à prendre en compte cette vulnérabilité.

(La Medu insiste sur le fait que "la vulnérabilité ressentie par les demandeurs d'asile au long de leur voyage ne s'efface pas à leur arrivée" © REUTERS/ Yannis Behrakis)

Des symptômes physiques et psychologiques "interconnectés ". L’organisation italienne Médecins pour les droits de l’homme (Medu) publie aujourd’hui un rapport sur la santé des Migrants qui arrivent en Italie. Tous ou presque présente un "polytraumatisme ", qu’il soit visible, ou non.

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Ils ont mené leur enquête sur plusieurs mois en Sicile, auprès d’une centaine de demandeurs d’asile originaires d’Afrique de l’Ouest, et à Rome, auprès de 400 Erythréens installés dans des camps informels.

Enfermés, battus et torturés en Libye

Seuls 35% d’entre eux ne présentent aucune cicatrice. Parmi les premiers, en Sicile, la moitié ont vu leur compagnon de route, leur proche, mourir dans le désert ou en prison, tué par des trafiquants ou geôliers, paniquer et se jeter à la mer…En moyenne, leur voyage dure 22 mois, 16 mois pour les seconds, à Rome. Le pire ? La traversée du désert et la Libye, où beaucoup racontent avoir été privés d'eau, battus, enfermés et torturés. 

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Ces traumatismes s’ajoutent aux conflits, persécutions ou violences vécus dans leur pays d’origine et qu’ils fuient. "Le système d'accueil en Italie et en Europe doit prendre en considération le fait que la vulnérabilité ressentie par les demandeurs d'asile tout au long de leur voyage ne s'efface pas à leur arrivée ", a insisté le Medu. L'organisation demande de limiter la taille des structures d'accueil à 50-80 personnes.