Une maternité russe condamnée pour avoir échangé des bébés

Elle doit payer 140 000 euros de dommages et intérêts aux familles, douze ans après la naissance de leurs enfants.

Ioulia Beliaïeva, sa fille Irina et le père biologique de cette dernière, Naimat, à Kopeisk (Russie), en septembre 2011.  
Ioulia Beliaïeva, sa fille Irina et le père biologique de cette dernière, Naimat, à Kopeisk (Russie), en septembre 2011.   (KOMSOMOLSKAYA PRAVDA / VALERY ZVONAREV / AFP)

Remake de La vie est un long fleuve tranquille en Russie : une maternité a été condamnée lundi 31 octobre à payer en tout 140 000 euros de dommages et intérêts pour avoir échangé par erreur, il y a douze ans, deux bébés qui n'ont pas pu grandir auprès de leurs véritables parents.

L'erreur de l'hôpital de Kopeïsk, une petite ville de l'Oural, n'a été révélée que cette année lorsque Ioulia Beliaïeva, la mère de l'un des bébés échangés, a décidé de soumettre sa fille Irina à un test ADN. Son ex-mari doutait de sa paternité et refusait de payer une pension alimentaire en arguant que la fillette à la peau mate et aux cheveux noirs ne lui ressemblait pas.

Deux maisons côte à côte

Le test a révélé qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre les parents biologiques de la fillette. Ioulia Beliaïeva s'est alors adressée à la police locale, qui a découvert que la maternité avait donné sa fille biologique, Anna, aux cheveux châtain clair, à une famille musulmane d'origine tadjike.

Le tribunal de Kopeïsk "a décidé que la maternité devait payer 3 millions de roubles (71 000 euros) à chaque famille". Selon le quotidien populaire russe Komsomolskaïa Pravda, les parents envisagent d'utiliser cette somme pour acheter deux maisons côte à côte afin que les fillettes puissent grandir ensemble.