Cameron menace de bloquer le traité européen si l'Union n'accède pas à ses exigences

Le premier ministre britannique s'est dit prêt à mettre son veto au renforcement de la zone euro pour obtenir des modifications de la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. 

Le Premier ministre britannique, David Cameron, le 3 janvier 2013 à Preston (Royaume-Uni). 
Le Premier ministre britannique, David Cameron, le 3 janvier 2013 à Preston (Royaume-Uni).  (MARTIN RICKET / SIPA)

David Cameron veut rester au pouvoir jusqu'en 2020. Et proposer aux Britanniques un "vrai choix" sur l'Union européenne lors des prochaines élections en 2015. Du coup, le Premier ministre conservateur britannique s'est montré déterminé, dimanche 6 janvier, au cours d'une interview accordée à la chaîne BBC 1 (lien en anglais) à récupérer un certain nombre de prérogatives auprès de Bruxelles. Quitte à gêner les négociations actuelles entre les membres de la zone euro, qui souhaitent modifier le traité européen en vue de davantage d'intégration. 

Interrogé sur les leviers dont il disposait pour faire entendre la voix du Royaume-Uni, David Cameron a déclaré qu'il comptait profiter des changements dus au nécessaire renforcement de la zone euro. Parce qu'ils doivent se doter d'outils budgétaires communs, les pays de la monnaie unique "changent la nature de l'organisation à laquelle nous appartenons et nous avons donc parfaitement le droit, et pas seulement le droit, mais nous sommes en fait habilités (…) à demander certains changements nous-mêmes", a-t-il précisé. 

En cas de modification des traités, l'unanimité des pays signataires est requise, laissant ainsi à Londres une possibilité de veto. David Cameron a par ailleurs écarté toute sortie complète de son pays de l'Union européenne. "Si nous étions en dehors de l'UE, nous poursuivrions nos échanges avec les pays membres, mais nous n'aurions pas notre mot à dire sur les règles de ce marché", a-t-il justifié. Enfin, il a indiqué que son gouvernement était en train de déterminer les pouvoirs que le pays était susceptible de vouloir retrouver.