Travail détaché : l'exception des routiers

C'est une entrave à la règle européenne des travailleurs détachés : la Bulgarie a obtenu que les chauffeurs pratiquant le transport international n'entrent pas dans le cadre de la directive. 

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FRANCE 2

Leurs camions inondent les aires d'autoroute : des chauffeurs roumains, bulgares, tchèques ou lituaniens. Ils ont conquis le marché, grâce à des salaires et des conditions de travail défiant toute concurrence. Si l'Europe avait promis d'harmoniser le secteur, c'est raté. Une très mauvaise nouvelle pour ce transporteur lyonnais qui emploie 150 chauffeurs : "On a des contraintes sociales qui ne sont pas forcément les mêmes, ce qui entraine des prix vers le bas, ce qui à terme va quand même pénaliser le transporteur français", explique Gérard Hugon. 

"Un chauffeur bulgare pourra conduire pendant 15 jours sans avoir pris une nuit de repos"

La France notamment, voulait que les routiers soient considérés comme des travailleurs détachés, avec un salaire allemand quand le camion livre en Allemagne et français quand il travaille en France. Mais cela a été retoqué, hier, par le parlement européen, porté par un vent d'est. Des parlementaires espéraient aussi encadrer davantage le repos des routiers, et leur garantir une nuit d'hôtel par semaine. Retoqué aussi par une majorité de députés. Les députés français ne décolèrent pas : "Désormais, un chauffeur bulgare pourra tout à fait conduire pendant 15 jours sans avoir pris une nuit de repos", s'insurge Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy. Ce texte du parlement doit encore obtenir le feu vert des 28 gouvernements et cela promet un sacré bras de fer entre la France, l'Allemagne et la Belgique, qui vont tenter d'inverser la vapeur, et d'un autre côté, les pays de l'Est, mais aussi l'Espagne et le Portugal, qui seraient les grands bénéficiaires de ce texte très libéral et de ce dumping social.

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Un barrage routier à Duque de Caxias, près de Rio de Janeiro (Brésil), le 25 mai 2018.
Un barrage routier à Duque de Caxias, près de Rio de Janeiro (Brésil), le 25 mai 2018. (RICARDO MORAES / REUTERS)