Taxe, conditions strictes... la Catalogne sévit face au succès d'Airbnb

La région la plus touristique d'Espagne a décidé de limiter l'utilisation des habitations mises en location sur internet et de faire payer une taxe aux propriétaires.

Des touristes se promènent dans les rues de Barcelone (Espagne), le 28 juin 2015.
Des touristes se promènent dans les rues de Barcelone (Espagne), le 28 juin 2015. (QUIQUE GARCIA / AFP)

En Catalogne, les particuliers qui louent des chambres via des sites internet comme Airbnb ne seront autorisés à le faire que pour un temps et un nombre de chambres limités. Ces conditions strictes, annoncées mardi 14 juillet par le gouvernement régional, seront complétées d'une taxe dont les hôtes utilisant ce type de sites devront s'acquitter. Cette décision doit permettre "d'ordonner et de réglementer l'offre d'hébergement touristique" dans l'une des régions les plus touristiques de l'Espagne, le troisième pays le plus visité au monde.

Les propriétaires devront verser 0,65 euro par nuit pour les logements situés à Barcelone, ville qui accueille quelque 27 millions de touristes par an, et 0,45 euro pour ceux situés hors de la ville. De plus, la location sera limitée à deux chambres au maximum et à quatre mois par an. Le propriétaire devra également informer les autorités locales de l'usage touristique de son logement, et il devra y passer la nuit durant le séjour des locataires.

La maire de Barcelone contre la saturation touristique

Selon une étude réalisée par l'organisation professionnelle des hôteliers espagnols, l'offre pour les locations touristiques entre particuliers a dépassé, en 2014, celle des hôtels et des autres types d'hébergements traditionnels. La seule ville de Barcelone concentre de 137 000 lits sur les plateformes collaboratives, soit presque le double de l'offre conventionnelle, selon cette étude.

Récemment, la nouvelle maire de la ville, Ada Colau, ex-militante anti-expulsions, a annoncé le gel, pour un an, de l'attribution de nouvelles licences hôtelières afin d'éviter la saturation touristique dans les quartiers les plus fréquentés, qui génère un mécontentement croissant chez les habitants.

L'an dernier, Airbnb, a conclu des accords avec des villes telles qu'Amsterdam, Washington ou Chicago visant à ce que soit appliquée une taxe aux touristes utilisant ses services. La commissaire européenne au Marché intérieur et à l'Industrie a par ailleurs annoncé récemment qu'une réglementation de ce type d'activités serait présentée d'ici quelques mois.