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Suisse: finale du concours pour un nouvel hymne national, et après?

Trois projets sont encore en lice pour remplacer l’actuel hymne national suisse. La consultation, qui a démarré le 30 mars 2015, devait se clôturer le 12 septembre par une finale retransmise en direct sur les principales chaînes helvétiques au cours de laquelle les téléspectateurs devaient voter. La version gagnante devra encore être approuvée par les instances politiques. Le suspense continue...
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Les joueurs suisses avant le match de qualification pour l'Euro 2016 entre la Suisse et la Slovénie au Parc Saint-Jacques (St Jakob Park, en alllemand), à Bâle, le 5 septembre 2015. (AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI)

Si les Suisses ont l'habitude de voter, cette fois-ci, la participation aura dépassé toutes les prévisions. «Cela a été vraiment un succès», assure Jean-Daniel Gerber, président de la Société suisse d'utilité publique (SSUP) à l’origine du concours national artisitique appelé CHymne, lancé le 1er  janvier 2014 pour trouver un nouvel hymne à la confédération.

La SSUP, créée il y a 205 ans, estime que l'hymne actuel, le Cantique suisse«ne reflète pas le pays dans sa diversité politique et culturelle». Peu de Suisses en connaissent les paroles: moins d'un tiers de la population ne se souvient pas de la première strophe, selon une étude réalisée en 2000. Composé en 1841 par Alberich Zwyssig et écrit par Leonhard Widmer, ce cantique s'apparente, selon ses détracteurs, à un mélange de bulletin météo alpine et de cantique religieux.


Les compositeurs qui particpaient à cette compétition atypique avaient pour consigne de s'inspirer du préambule de la Constitution fédérale (approuvée en 1999) afin que le nouvel hymne soit «dynamique, entraînant et fédérateur», selon la SSUP, tout en conservant les grandes lignes de la mélodie existante.

208 dossiers déposés
Au départ, une cinquantaine de contributions étaient attendues par les organisateurs qui ont reçu au total 208 projets. Un jury en a ensuite sélectionné six dans des versions chantées en français, en allemand, en italien et en romanche, quatrième langue suisse officielle – pratiquée uniquement dans la région des Grisons.

Sur ces six contributions, trois venaient de Suisse romande, deux de Suisse alémanique et la dernière de la région romanche. Cette répartition linguistique repose sur le «hasard», a assuré un responsable du concours, Lukas Niederberger, précisant que «ce sont simplement les meilleurs» qui ont été sélectionnés.

La moitié de ces contributions (soumises au premier tour du vote entre le 30 mars et le 15 mai sur le site www.hymnenational.ch) reprennent à la note près le Cantique suisse, mais avec de nouvelles paroles.

Initiative typiquement suisse
«C'est une initiative typiquement suisse, elle vient de la base de la population pour aller au sommet et c'est la façon typique de procéder en Suisse», a précisé M.Niederberger.

Mais l'idée de moderniser l'hymne actuel, en vigueur depuis plus de 50 ans, a suscité de vives oppositions, notamment dans les milieux conservateurs qui réclament d'ores-et-déjà un référendum. «Aucun pays au monde ne change ou n'a changé son hymne national», proteste ainsi Hubert Spörri, de l'Association Psaume Suisse. 

«Il n'y a eu qu'un seul cas, il y a une quarantaine d'années, quand l'Australie s'est détachée de la couronne d'Angleterre, le peuple a été consulté sur deux hymnes, l'ancien et le nouveau, il a choisi l'ancien», rappelle-t-il. Le gouvernement australien a en effet décidé, en 1973, d'avoir son propre hymne et non plus celui de la Grande-Bretagne et du Commonwealth, le God Save the Queen.

Concours lancé il y a deux ans
Les trois versions préférées des Suisses ont fait l'objet d'un deuxième vote, ouvert du 8 juin au 6 septembre. A travers ce concours lancé il y a près de deux ans, la SSUP dit avoir voulu ouvert le débat sur le sens de l'Etat, l'identité et les valeurs de la Suisse.

L'hymne qui sortira vainqueur de la finale télévisée du 12 septembre, dans l'émission Potzmusig diffusée sur SRF1 et RTS2, entre 18h10 et 19h20, devra être examiné par le Conseil fédéral puis au Parlement. C'est donc le pouvoir politique qui aura le dernier mot pour soumettre ou pas le lauréat à un référendum.

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