Suicide au Tribunal pénal international : la Croatie divisée

Le suicide hier, mercredi 29 novembre, de Slobodan Praljak, un ancien responsable de l'armée croate condamné par le Tribunal pénal international, a suscité de fortes réactions en Croatie.

FRANCE 2

L'hommage a duré toute la nuit. En famille, bravant le froid des Balkans, les Croates de la ville de Mostar (Bosnie-Herzégovine) se sont rassemblés. Une messe a même été célébrée en l'honneur de Slobodan Praljak, le général qui s'est suicidé hier, mercredi 29 novembre, après avoir appris qu'il était condamné à 20 ans de prison pour crimes de guerre. Car ici, il reste un bon patriote. "La mort du général me rend triste, je pense qu'il est un héros, et son geste entrera dans l'Histoire", témoigne Nada Peric, habitante de Mostar. La photo du général a été déployée sur le balcon de l'hôtel de ville.


Une minute de silence au parlement 


Tous les journaux montrent l'image de son suicide en direct devant ses juges, et au parlement, les députés ont observé une minute de silence. Le Premier ministre lui-même n'a rien voulu renier du passé. Comme si le général n'était pas un criminel de guerre, responsable pourtant de nombreux massacres de musulmans bosniaques. La seule nuance est venue de la présidente de la République, qui a admis que certains Croates avaient commis des crimes, mais que la Croatie n'avait attaqué personne.       

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L\'un des anciens chefs militaires des Croates de Bosnie, Slobodan Praljak, au Tribunal pénal international de La Haye (Pays-Bas), le 29 novembre 2017.
L'un des anciens chefs militaires des Croates de Bosnie, Slobodan Praljak, au Tribunal pénal international de La Haye (Pays-Bas), le 29 novembre 2017. (ROBIN VAN LONKHUIJSEN / POOL)