Silvio Berlusconi a sauvé son mandat mercredi lors d'un vote de confiance des députés

Et ce, grâce au soutien de dissidents de sa majorité de droite, regroupés autour de Gianfranco Fini, ce qui éloigne la perspective de législatives anticipées.Les députés appelés à se prononcer sur un discours programmatique de M. Berlusconi ont voté la confiance par 342 voix pour et 275 contre.

Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi lors du vote de confiance à son gouvernement, le 28 septembre 2010
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi lors du vote de confiance à son gouvernement, le 28 septembre 2010 (AFP/ANDREAS SOLARO)

Et ce, grâce au soutien de dissidents de sa majorité de droite, regroupés autour de Gianfranco Fini, ce qui éloigne la perspective de législatives anticipées.

Les députés appelés à se prononcer sur un discours programmatique de M. Berlusconi ont voté la confiance par 342 voix pour et 275 contre.

Le chef de file des députés dissidents, Italo Bocchino, avait peu avant annoncé l'aval de son groupe Futur et Liberté (FLI) fort de 34 députés, en affirmant avoir le sens du "devoir" et vouloir que "la législature se poursuive" jusqu'en 2013.

M. Bocchino a cependant réclamé pour FLI le droit de définir avec le parti berlusconien Peuple de la liberté (PDL) et son allié de la Ligue du Nord le contenu des projets et lois à mener à bien dans les deux années et demie à venir. Les "finiens" ont au passage annoncé la création d'un parti autonome du PDL.

"Les chiffres sont vraiment justes. Le chemin est étroit", a réagi Umberto Bossi, chef de la Ligue du Nord et allié indéfectible de Silvio Berlusconi, en commentant le résultat du vote qui démontre l'importance des partisans de M. Fini. Le site internet du quotidien Corriere della Sera titrait d'ailleurs: "Vote de confiance, les oui sont 342: les finiens sont décisifs".

Le matin, dans un discours inhabituellement modéré, M. Berlusconi avait multiplié les gestes d'apaisement, qualifiant par exemple de "nécessaire et légitime" le débat au sein de la majorité.

Au terme de son intervention, il a appelé "à la cohésion nationale", demandant à "tous les modérés et réformateurs", y compris au sein de l'opposition, de continuer de "travailler ensemble". A aucun moment de son discours, M. Berlusconi, qui a fêté ce mercredi ses 74 ans, n'a mentionné M. Fini, le président de la Chambre des députés qu'il a chassé du PDL en juillet parce qu'il ne supportait plus ses prises de distance. Le départ de M. Fini a privé le chef du gouvernement de sa majorité absolue garantie à la Chambre (316 sur 630).

Même l'opposition a noté le caractère rassembleur de son discours, après des semaines d'invectives entre les deux ex-alliés, le parti Italie des valeurs (IDV) estimant que ses propos ressemblaient à une "bénédiction Urbi et Orbi" du pape. Mais l'ancien magistrat anti-corruption et chef d'IDV, Antonio di Pietro, a mené une violente charge contre M. Berlusconi qu'il a qualifié d'"illusionniste sans scrupule", de "violeur de la démocratie", l'accusant de vouloir se maintenir au pouvoir uniquement pour échapper à ses ennuis judiciaires.

Berlusconi promet moins d'impôts
Dans son discours, le "Cavaliere" a énuméré cinq projets-clés à réaliser d'ici 2013 dans les domaines de la justice, du fédéralisme, d'un plan pour le Sud, de la fiscalité et de la sécurité. Conformément à sa ligne politique, il a promis moins d'impôts pour favoriser la recherche scientifique, les entreprises, les familles; tout cela sans alourdir l'énorme dette du pays.

Sur le dossier brûlant de la justice, sur lequel de nombreuses dissensions l'opposent aux "finiens", il s'est limité à annoncer une réforme pour "réduire la durée des procès", très longue en Italie. M. Berlusconi s'est montré consensuel aussi sur l'immigration, autre sujet de discorde avec M. Fini, se bornant à se féliciter d'une chute de 88% des débarquements de clandestins. En matière de sécurité, il a souligné les succès de son gouvernement dans la lutte anti-mafia qui dispose des "normes les plus efficaces du monde". Il a aussi annoncé un plan d'investissement de 21 milliards d'euros pour le Sud, promettant notamment l'achèvement d'ici 2013 de l'autoroute entre Salerne et Reggio de Calabre, sujet récurrent de la politique italienne depuis 40 ans.