Après le séisme en Italie, un village dévasté tente de reprendre vie

A Arquata del Tronto, l’un des villages les plus touchés par le séisme qui a fait au moins 291 victimes en Italie, les rescapés, pour la plupart hébergés dans des tentes, s’organisent pour reconstruire un futur incertain.

Vingt-trois tentes hébergent plus de 200 rescapés
Vingt-trois tentes hébergent plus de 200 rescapés (CIAMBELLI/SIPA/SIPA)

En hâte, dès mercredi, des tentes ont été montées au pied du bourg médiéval d’Arquata del Tronto, l’un des villages les plus touchés par le séisme qui a fait au moins 291 victimes en Italie. En tout, 23 tentes dans lesquelles plus de 200 rescapés viennent de passer leur quatrième nuit. "Les tentes sont attribuées par famille ou par groupe d’amis, indique le responsable du camp pour la Protection civile. Elles sont équipées de chauffage, à cause du froid qui tombe la nuit venue. Nous nous sommes installés sur le terrain de foot du village. Le club de foot, lui, nous sert de dépôt pour les aliments. Nous sommes en train de voir si nous pourront utiliser les vestiaires du club pour que les habitants puissent prendre des douches."

Les tentes sont attribuées par famille ou par groupe d’amis et sont équipées de chauffage
Les tentes sont attribuées par famille ou par groupe d’amis et sont équipées de chauffage (MARCO ZEPPETELLA / AFP)

Le bourg médiéval désormais classé en zone rouge 

Le paysage est splendide au pied des Apennins, si ce n’était les gravats, le clocher détruit, les maisons fissurées, que l’on aperçoit au loin. Le bourg médiéval est désormais classé zone rouge : seuls les pompiers peuvent y accéder. A la demande des habitants, ils vont chercher ce qui manque : "Nous nous rendons dans les maisons en toute sécurité, explique le capitaine des pompiers. Nous récupérons dans les maisons ce que les gens nous demandent, ce qui leur est utile : des vêtements, ou de l’argent qu’ils auraient laissé. Les maisons sont encore dangereuses et les accès périlleux dans un bourg médiéval comme celui-ci. Les ruelles sont étroites…" Sa priorité, maintenant, est de sécuriser les accès et de remettre le village en sécurité. 

Cette situation précaire pourrait durer des mois 

Marina a interdiction de rentrer chez elle. Sa maison a été détériorée par le séisme, mais elle a bon espoir de pouvoir y habiter à nouveau une fois la mise en sécurité assurée. "J’espère retrouver ma maison puisqu’elle n’a pas si mal tenue et venait d’être rénovée, estime cette habitante. Le toit a tenu bon mais il y a plusieurs fissures. La zone reste dangereuse alors les pompiers nous ont expulsés."

 Ceux qui ont vécu le séisme d’Aquila en 2009 savent que cette situation précaire pourra durer plusieurs mois. Alors les vivres affluent en très grand nombre. De quoi nourrir aussi longtemps que nécessaire les occupants du camp. Le chef cuisinier prépare une sauce bolognaise, tandis que les bénévoles s’affairent à couper des tomates. Comme un semblant de vie quotidienne dans ce village de tentes. 

Les constructions médiévales se sont pour la plupart effondrées
Les constructions médiévales se sont pour la plupart effondrées (SANDRO PEROZZI/AP/SIPA / AP)

Les bâtiments publics n’ont pas résisté : une enquête ouverte 

Marina s’inquiète déjà pour la rentrée des classes, prévue dans deux semaines. Elle se demande où ses enfants seront scolarisés : l’école du village s’est écroulée. Pourtant, elle répondait aux normes antisismiques. Alessandro, qui habite Rome mais est originaire de la région, se demande pourquoi les bâtiments publics n’ont pas tenu : "Les lieux du quotidien ont disparu. Il n’y a plus de local de gendarmerie, ni de poste, ni d’école. Que des maisons médiévales s’effondrent, oui. Mais que des édifices publics s’écroulent me rend perplexe."

Une enquête ouverte par la justice italienne devrait permettre d’établir si les constructions étaient de bonne qualité. Le procureur chargé de l’enquête a de son côté d’ores et déjà prévenu que tout ne pourrait pas être mis sur le compte de la fatalité. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a promis que les villages ravagés par le séisme seraient reconstruits et que des efforts seraient entrepris pour protéger davantage les bâtiments et infrastructures contre les catastrophes naturelles. 

REPORTAGE - Après le séisme en Italie, Arquata del Tronto dévasté tente de reprendre vie
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